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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 11:29

Un « inconscient collectif colonial » des Français encore en cachette ?

Les poncifs des études postcoloniales : l’inconscient collectif, la mémoire collective, l’opinion publique, les ethnies, …

&

Exercice de méthode historique sur « L’inconscient collectif » entre réforme fiscale et réforme de mémoire coloniale

A partir de l’éditorial de La Croix du 21 décembre 2012, par Guillaume Goubert intitulé « Pour la réforme fiscale »

 

            L’éditorial est ainsi introduit :

            « Pour la réforme fiscale

« Dans l’inconscient collectif,tout contribuable est un révolté potentiel,  convaincu qu’il paie trop d’impôts et que l’Etat fait un mauvais usage de cet argent. Le sondage exclusif réalisé par OpinionWay pour La Croix, fait quelque peu mentir ce cliché. Environ la moitié des personnes interrogées approuvent les récentes hausses d’imposition décidées par le gouvernement… » 

            Et le même journal de proposer en page 8 les résultats du sondage effectué sur un échantillon représentatif de 1054 personnes.

            Une conclusion possible : l’inconscient collectif n’était donc pas au rendez-vous, ou n’était pas celui qu’on pensait !

            Un groupe de pression formé d’historiens et de chercheurs a construit une de ses thèses, sinon la principale, en écrivant et en répétant qu’un inconscient collectif de type colonial façonnerait encore de nos jours la mémoire collective des Français. Cette thèse a eu un certain succès médiatique.

            Je ne voudrais pas encombrer le texte des nombreuses citations que j’ai relevées sur le sujet, mais n’en citer que deux :

            La première, de l’historienne coloniale et postcoloniale  bien connue, Mme Coquery-Vidrovitch dans son livre « Enjeux politiques de l’histoire coloniale » :

« Plus largement, le récit de « l’histoire de France » reste pensé dans l’inconscient collectif comme l’histoire d’une nation territorialisée dans l’ancienne « gaule », selon la construction du passé par les élites (masculines) du XIXème siècle, façonnées par la culture classique et la supériorité blanche. » (page 168)

Dans les pages qu’elle a couvertes de ses analyses et réflexions sur la matière, il serait possible de citer de très nombreux autres exemples, notamment dans l’accréditation historique qu’elle a donnée à ce groupe de chercheurs qui se sont illustrés par leurs ouvrages sur une soi-disant culture coloniale ou impériale animée parce ce nouveau ça colonial, l’inconscient collectif.

La deuxième, d’une autre historienne, Mme Rey-Goldzeiger, laquelle écrivait dans « Images et Colonies Colloque 1993 » :

« A partir de 1918 l’image du Maghrébin et du pays se modifie et va définitivement amener les stéréotypes maghrébins dans le conscient et plus grave, dans l’inconscient collectif. Pourquoi et comment ? » (page 37)

A lire l’ouvrage, on n’est pas mieux éclairé sur le pourquoi et sur le comment, c’est-à-dire par quelle voie la bête chemine, et surtout avec quel type de démonstration statistique susceptible d’emporter la conviction.

            Et pour les lecteurs intéressés, il leur faudra prendre la peine de lire l’ouvrage collectif publié à la suite d’un Colloque de l’année 1993 dont le thème était « Images et Colonies », au cours duquel le même type de concept fut déjà évoqué.

            Ou encore de lire le chapitre 9 du livre « Supercherie Coloniale » (editionsjpr.com) intitulé « Le ça colonial L’inconscient collectif », qui démontre que la thèse d’une culture coloniale et impériale qui aurait imprégné la société française, l’aurait immergée dans un « bain colonial » (Culture Coloniale, page 13) a encore besoin d’être démontrée.

            Ainsi que le rapporte l’exemple proposé sur la réforme fiscale, et avant de proposer le concept d’inconscient collectif comme la clé d’une explication historique, alors même que ce concept attrape-tout résiste à toute définition, rien ne vaudrait donc une bonne enquête statistique pour en démontrer la réalité !

            Ainsi que je l’ai déjà suggéré à de multiples reprises, pourquoi telle ou telle université, ou tels établissements, l’EHESS, ou encore l’INALCO, qui abritent sous leur toit de nombreux chercheurs concernés par le sujet, n'auraient pas l'idée, sinon les moyens, ou peut-être le courage, de lancer une telle enquête statistique d’opinion?

            Car des enquêtes ou des sondages, il en pleut chaque jour sur le marché !

Jean Pierre Renaud

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 16:17

Gallieni et Lyautey, ces inconnus !

Eclats de vie coloniale

Morceaux choisis

Madagascar

Présentation générale sur le blog du 24 novembre 2012

11

Le   15 octobre 1896, à Tananarive, « la main lourde » de Gallieni

Une clé pour comprendre l’histoire actuelle de Madagascar ?

 

            Nous avons déjà évoqué sur le blog des 15 avril et 21 avril 2011, cet épisode de la conquête de Madagascar, qui se prête naturellement à toutes les interprétations historiques.

            Pourquoi revenir sur un tel épisode ? Parce qu’il me parait représenter un excellent exemple de l’amateurisme de la politique coloniale de la Troisième République, servi dans le cas d’espèce par un acteur de terrain, le général Gallieni, un des meilleurs officiers de nos aventures coloniales de l’époque.

            Revenir aussi sur ce sujet, parce qu’il n’est pas interdit de s’interroger sur les causes profondes des  crises politiques et institutionnelles successives que connait ce pays, depuis une quarantaine d’années, entre autres peut-être celle de la suppression de la monarchie merina, laquelle a suivi rapidement l’épisode historique rapporté.

            Nous évoquerons brièvement  ce type de problématique des causes dans la conclusion, en précisant que je n’ai jamais nourri de fibre monarchique.

            C’est à partir du livre tout à fait curieux et intéressant du professeur Gautier, intitulé « Les trois héros » que le sujet a déjà été traité.

            Comme nous l’avions indiqué, ce titre mettait sur le même plan, le général Laperrine, le père de Foucauld, et le ministre de l’Intérieur, M Rainadriamanpandry que fit fusiller Gallieni. M.Gautier avait servi un temps au cabinet du Gouverneur général Gallieni où il avait  côtoyé et appris à connaître le ministre de l’Intérieur.

            Il est difficile de ne pas interpréter cette mise en parallèle, sur le même plan de l’évocation historique,  de trois personnages aussi différents dans leur parcours de vie, dont deux d’entre eux s’étaient illustrés au Sahara, comme la reconnaissance posthume d’un des grands seigneurs de la noblesse malgache qui avait eu le courage de résister à la nouvelle puissance coloniale, au prix du sacrifice de sa vie.

            Le professeur Gautier le nommait « Le prince de la paix »

            M.Gautier devint un des spécialistes de la géographie du Sahara.

            Rappelons que le ministre de l’Intérieur, alors gouverneur à Tamatave, s’était opposé avec succès à la première tentative de débarquement sur la côte est en 1885.

            Le général Gallieni eut l’occasion d’expliquer les raisons de cette exécution dans une lettre qu’il adressa à M.Grandidier (1) :

« Tananarive, 25 octobre 1896,

Mon cher Monsieur Grandidier,

Je vous remercie beaucoup de votre aimable lettre. J’ai besoin, pour faire face à ma rude tâche, de l’encouragement de ceux, qui, comme vous connaissent si bien Madagascar et les difficultés de la situation actuelle. Comme je vous le disais précédemment, arrivant dans un pays qui m’était inconnu, au milieu de circonstances des plus critiques, j’ai commencé par être effrayé et par douter réellement que l’on pût tout remettre en place. Aujourd’hui, depuis 20 jours que j’ai pris la direction des affaires et que j’ai commencé à me rendre compte sur place de la situation, j’ai meilleur espoir et je pense que je parviendrai à nous sortir de la mauvaise passe où nous sommes. Mais nous ne pouvons espérer obtenir ce résultat en quelques jours, par suite des grosses fautes commises et de l’anarchie réellement extraordinaire que j’ai trouvée partout ici.

…L’Imerina a été divisée en centres militaires correspondant autant que possible aux districts indigènes ; à la tête de chacun d’eux se trouve un officier supérieur, ayant tous les pouvoirs civils et militaires, secondé par les autorités hovas, placées sous ses ordres. Pour contenir l’insurrection, une première ligne de postes a été établie à 15 kilomètres autour de Tananarive… Cela fait, nos postes se porteront en avant, de manière à élargir la zone pacifiée et à ne mettre une jambe en l’air que lorsque l’autre est bien assise. On arrivera ainsi peu à peu aux limites de l’Imerina . Même programme est adopté pour le Betsileo, avec Fianarantsoa comme centre

            Ce système vaut mieux que celui des colonnes mobiles poussées au loin qui avaient peu d’effet contre un ennemi aussi insaisissable que les Fahavalo. Dès qu’elles rentraient, ceux-ci revenaient sur leurs talons et massacraient les habitants.

En même temps, j’ai demandé au gouvernement malgache qu’il fallait qu’il change son attitude. J’ai conservé la reine, parce que Ranavalonana a sur les populations un réel prestige, que je compte utiliser. Mais j’ai prié le premier ministre de donner sa démission et j’ai traduit devant le conseil de guerre Rainandriampandry, ministre de l’Intérieur, et le prince Ratsimamanga, oncle de la reine, contre lesquels il existait des preuves de culpabilité suffisantes : ils ont été condamnés à mort et fusillés le 15 octobre. De plus, j’ai exilé à Sainte Marie la princesse Ramasindransana, tante de la reine. Les biens de tous ces personnages ont été confisqués. Enfin, tous les officiers, cadets de la reine, ont été envoyés dans les campagnes environnantes avec mission de rappeler les habitants, sous peine d’être rendus responsables, eux et leurs familles, des nouveaux troubles autour de Tananarive…

En dehors de l’Imerina, les instructions aux résidents et officiers sont différentes. Elles se résument en ceci : détruire l’hégémonie hova en constituant avec chaque peuplade un état séparé, administré par un chef nommé par nous et contrôlé par nous…

Telles sont les premières mesures prises et sur lesquelles je n’ai pas le temps de m’étendre plus longtemps. Par exemple, je ne me préoccupe, ni des textes, ni des règlements. Je vais droit au but général : ramener la paix ; franciser l’île et donner le plus grand appui possible à la colonisation française. Si je ne suis pas approuvé, je rentrerai… » (Lettres de Madagascar, page 14 -  Société d’Editions Géographiques, Maritimes et Coloniales – Paris 1928)

            Commentaire :

            Les caractères gras sont de ma main

M.Grandidier (1), naturaliste, après y avoir effectué un long séjour, avait publié un ouvrage scientifique de type encyclopédique sur la grande île. Il était alors considéré comme la principale autorité scientifique pour tout ce qui touchait Madagascar

            Ce texte a le mérite de la clarté : le gouvernement envoie le proconsul Gallieni à Madagascar pour y rétablir l’ordre, sans avoir encore une idée précise sur la destinée coloniale de ce nouveau territoire, et le général met en œuvre la méthode militaire et civile qu’il estime la plus appropriée, sans trop s’embarrasser  d’autres considérations, car c’est au fond ce qu’on lui demande de faire.

Dans cette lettre, il avoue qu’il débarque dans un pays qui lui était inconnu, et c’est toute la problématique de la politique coloniale française qui est ainsi mise en question, car le gouvernement français a pris lui aussi une décision d’expédition sans mieux connaitre ce nouveau pays, et sans avoir encore d’idée précise sur le statut de cette nouvelle conquête.

Le ministre Hanotaux est à la manœuvre, sans avoir en définitive une position claire sur les destinées de Madagascar, nouvelle colonie ou nouveau protectorat ?

Il fit voter par la Chambre des Députés  l’annexion de Madagascar qui devint donc une colonie, laquelle eut, jusqu’à la déposition de la reine Ravalonana, la particularité de faire partie de la République, tout en étant encore une monarchie

Concrètement, et sur le terrain, compte tenu des grandes difficultés de communication entre l’île et la métropole, le proconsul républicain usa pleinement de ces dernières pour déposer la reine.

Les échanges de courrier entre Paris et Tananarive mettaient alors plusieurs semaines, et « Le général Gallieni n’eut d’accès direct au câble de Majunga que le 29 juillet 1897, date à laquelle une ligne télégraphique relia ce port à Tananarive.

Dans le livre « Le vent des mots, le vent des maux, le vent du large » (editionsjpr.com), j’ai longuement analysé cette problématique des communications coloniales, afin de déterminer où se situaient les fameux « faits accomplis »  au cours des conquêtes coloniales du Soudan, du Tonkin, et de Madagascar.

Historiquement, il est possible de dire qu’il aurait été bien préférable de s’appuyer sur la monarchie hova qui disposait déjà, sur la plus grande partie du territoire d’un embryon d’administration, plutôt que de vouloir y substituer une administration directe qui ne disait pas son nom.

Comme nous l’avons vu, pour l’Indochine, le même débat divisait les coloniaux, alors que l’Empire d’Annam disposait d’une administration mandarinale qui n’avait rien à voir avec l’administration hova, c’est vrai, mais en oubliant que le symbole monarchique était au moins aussi fort, sinon plus, à Madagascar qu’en Indochine.

Nous avons d’ailleurs cité sur ce blog un extrait de lettre dans lequel Lyautey prônait le respect des institutions de la monarchie annamite, mais ce dernier n’avait pas la fibre républicaine de Gallieni.

Lyautey prit son commandement, alors que la partie était déjà jouée, et il n’est pas sûr du tout, s’il avait eu son mot à dire,  qu’il ait adopté la ligne Gallieni, mais on ne refait pas l’histoire, sauf dans certains ouvrages à la mode.

La « main lourde »

Dans une lettre datée du 6 février 1899, Gallieni revient sur cette exécution qu’il entérina quelques semaines seulement après son arrivée à Tananarive :

« Mon cher Secrétaire général (1),

…J’examine maintenant les divers points sur lesquels vous avez été assez bon pour appeler mon attention. Certainement, les mesures de bienveillance sont bonnes vis-à-vis des indigènes, mais à la condition formelle qu’elles ne dégénèrent pas en faiblesse. Si mon prédécesseur avait été moins faible vis-à-vis des Hovas, je n’aurais pas eu à prendre les mesures de rigueur, que quelques personnes m’ont reprochées et, surtout, nos troupes n’auraient pas eu à faire cette pénible campagne d’hivernage 1896-1897, qui a fini par rejeter les bandes insurgées en dehors de l’Imerina, mais nous a coûté les pertes les plus sérieuses. Avec les indigènes de nos colonies, que nous ne tenons qu’avec des forces européennes insuffisantes, il faut toujours, sinon être, du moins paraître les plus forts. Le jour où cette conviction n’existe plus dans leur esprit, surtout à Madagascar, où nous avons contre nous tant d’éléments d’opposition, Anglais, Mauriciens, Indiens, Arabes, les habitants se soulèvent, surtout à l’origine de toute nouvelle conquête.

Lors de mon arrivée à Tananarive, en présence de la gravité de la situation, de l’incendie qui se propageait partout, j’ai dû avoir la main lourde. Dès que je me suis senti maître de cette situation, j’ai eu recours à la douceur, à la persuasion, à la bienveillance. J’ai gracié des bandits, des assassins, qui auraient mérité cent fois la mort. Mais je pouvais être faible et je peux l’être encore maintenant parce que les Hovas savent que je sais être ferme, quand il le faut. Le peloton d’exécution ne s’est pas réuni une seule fois à Tananarive, depuis février 1897… » (Lettres de Madagascar, pages 45 et 46) (1) J.Chailley était alors secrétaire général d’un des groupes de pression  coloniaux, l’Union Coloniale)

La justification rétroactive de cette exécution  de la part de Lyautey, à l’occasion de l’évocation de la reddition du chef Rabezavana, objet du prochain chapitre :

« Au bivouac, Antsigimialoha, 100 kilomètres, de la côte Ouest, à hauteur de Maintirano, le 1°août 1898

Bien cher ami (Paul Desjardins)(1),

… Je n’ai pas ici le temps de vous refaire l’histoire détaillée et véridique de de qui qu’il a conté là. Tout ce qui s’est écoulé depuis, tous les papiers trouvés chez les chefs de l’insurrection et, pour ce qui me concerne, les révélations très curieuses que j’ai reçues de Rabezavana et des autres chefs  qui m’ont par la suite fait leur soumission, ont prouvé que le Général ne s’est pas trompé d’adresse, notamment en ce qui concerne Rainandriamanpandry, dont j’ai trouvé la main contre nous.

Bref, c’est du jour de cette exécution que nous tenons l’Emyrne, et elle a certainement épargné des milliers de vies humaines…

Mais je vous rase, mon cher ami, et vraiment le lieu est singulièrement choisi : je suis blotti sous ma tente, dans une gorge sauvage et pittoresque de la chaine du Bemahara, tandis que l’orage est déchaîné et que la pluie et le vent secouent ma « maison » de quelques heures…. » (Lettres du Tonkin et de Madagascar, page 595)-(1) Paul Desjardins, journaliste et homme de lettres, ami de Lyautey

Pas d’autre commentaire ! Sauf quatre, très courts : un, il ne faut jamais oublier que Madagascar couvre une superficie plus grande que celle de la France, deux, qu’il n’existait alors aucune voie de communication entre la côte et les plateaux, et entre les différentes provinces, trois que le général Gallieni était alors coupé de toute communication rapide avec le gouvernement.

Quatre, qu’un ministre des Colonies avait parfaitement résumé ce type de problématique coloniale, à l’occasion d’un débat à la Chambre des Députés, en déclarant : « Les événements ont marché »

Parmi les causes des crises successives que connait Madagascar depuis une quarantaine d’années, il est difficile de ne pas évoquer cette opération chirurgicale qui a privé la grande île de la seule institution, hors les églises , capable de proposer une sorte de mythe unitaire qui répondait bien à la culture du pouvoir et des ancêtres de ses habitants.

Pour ne citer qu’un seul exemple du rayonnement de ce type de monarchie, la célébration annuelle du fandroana, le bain sacré de la reine : une fois sortie de son bain, la foule était aspergée de l’eau « lustrale ».

Parmi les autres causes, la colonisation bien sûr qui n’a pas toujours favorisé un processus institutionnel unitaire, l’ingérence de groupes de pression étrangers ou crypto-étrangers, qu’il s’agisse du gouvernement français ou de groupes d’intérêt réunionnais, indien, ou chinois…, des ingérences permanentes des églises ou de l’armée dans le fonctionnement du pouvoir malgache, et peut-être tout simplement une culture malgache avant tout tournée vers la famille, plus que vers le national, une culture que le clientélisme, c’est-à-dire les gros sous, a gravement polluée.

Jean Pierre Renaud

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 09:17

Humeur Tique : un Conseil Constitutionnel politique, c’est l’évidence !

 

            La composition tout à fait étrange du Conseil Constitutionnel a déjà été évoquée sur ce blog.

            Il est en effet curieux que le Conseil Constitutionnel, arbitre suprême des lois de la France, soit présidé par un chiraquien pur sucre, qu’il comprenne huit membres, plus trois anciens présidents de droite qui ont voix délibérative, s’ils assistent aux séances, et que parmi les huit membres que l’on pourrait qualifier de permanents, seuls cinq d’entre eux aient justifié d’une réelle expérience juridique et juridictionnelle de haut niveau.

            Le président actuel veut supprimer pour l’avenir, c’est-à-dire le sien propre, la présence des anciens présidents de la République, mais pour que cette haute instance soit à l’abri de toute suspicion légitime de partialité, il importe de modifier sa composition.

            Dans l’état actuel, les membres politiques de ce Conseil devraient participer aux délibérations dans un tel état de « sainteté » du droit que la chose serait effectivement miraculeuse !

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 11:30

Echappées belles : Madagascar, l’île rouge

France 5, le 5 janvier 2013

 

            Bonne émission, bons reportages sur la partie nord-ouest de la grande île, Ambanja et Diégo Suarez, avec deux types de remarques, sur les reportages eux-mêmes et sur Madagascar même :

            En ce qui concerne les reportages, il est possible de se poser la question de l’ouverture du magazine sur les anciennes croyances animistes de cette partie de l’île, qui existent encore, mais qui sont loin d’être dominantes à Madagascar : est-ce que cela ne donne pas un ton un peu désuet à la vie spirituelle de ce pays ?

            Autre remarque, la journaliste donne la parole à des blancs, qui font du bon travail, soit pour le tourisme solidaire, soit pour la sauvegarde des baobabs, mais je serais surpris que des malgaches ne soient pas autant concernés par ces problèmes, et ils auraient sûrement eux aussi, et tout autant, sinon plus, des choses à nous dire.

            Sur les destinées de l’île rouge, toujours le même étonnement et une égale tristesse de voir en face des beautés naturelles de ce pays et de ses richesses, la médiocrité d’une élite politique, incapable de porter une bonne gouvernance depuis de trop nombreuses années.

Jean Pierre Renaud

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 12:02

France et Afghanistan 

Avec la Fondation pour la Recherche Stratégique : la paix en Afghanistan ! Toujours la politique de grandeur de la France !

Est-ce bien sérieux ? Alors que le pays a bien d’autres chats de politique étrangère à fouetter, et qu’il n’a de toute façon pas les moyens de cette politique !

        A lire des articles récents sur les initiatives qu’aurait prises la Fondation pour la Recherche Stratégique afin de faciliter le retour de la paix en Afghanistan, en organisant des rencontres discrètes, sinon secrètes à Chantilly, on se prend à rêver !

Ainsi on se rejoue le feuilleton des négociations secrètes avec le FLN, pour mettre fin à la guerre d’Algérie ?

Comme si l’Afghanistan, dont l’histoire est on ne peut plus compliquée, aussi bien qu’ignorée, avait besoin de la France pour jeter les bases d’un Etat qui n’a jamais vraiment existé !

Une fondation comme celle-là a sûrement mieux à faire sur d’autres points de l’actualité internationale, études stratégiques afin d’éclairer les routes de notre pays, et non le « go-between », qui n’est pas son métier, d’autant plus qu’il parait difficile d’adhérer pleinement à l’affiche qu’elle propose sur sa page d’accueil :

« La Fondation exerce son activité en toute indépendance. Elle est financée essentiellement par les prestations et travaux qu’elle réalise sur une base contractuelle pour ses partenaires publics et privé »

Il est bien dommage que sur son site, la fondation ne communique pas sur son budget, c’est-à-dire sur les sources de son financement.

Il est en effet possible de s’interroger sur son degré d’indépendance effective, lorsque l’on voit la composition de son conseil d’administration, cinq représentants de grandes sociétés pour le collège des fondateurs,  CEA, SAFRAN, ODAS, EADS, DASSAUT AVIATION et cinq représentants de grandes administrations, Défense, Affaires Etrangères, Intérieur, Recherche, et Education Nationale.

Jean Pierre Renaud

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 19:08

Humeur Tique : Pourquoi pas une pétition pour un rugby français ?

Renault hors-piste avec le rugby français ! 

Ainsi va la France ! Oui il y a quelque chose de pourri dans le royaume de France !

 

            Chaque jour apporte sa bonne nouvelle, hier les Sciences Po « Siciliennes », bel exemple pour la formation d’une certaine élite de la France, aujourd’hui les circonvolutions du Centre National du Cinéma quant aux cachets de certains acteurs ou actrices.

Gare ! Et si l’on tirait le fil vers la caisse des intermittents du spectacle, véritable rente de situation pour quelques-uns des partenaires du cinéma !

            Ce jour encore, le choix de la Fédération Française de Rugby qui abandonne le constructeur automobile Renault, dont chaque français est un peu propriétaire, de même qu’il se croyait propriétaire de l’Equipe de France de Rugby ! Car il aime le rugby !

            Pourquoi ne pas lancer une pétition des Français pour refuser ce choix, alors que chaque ménage français est propriétaire de 1,5 action du constructeur national, soit de l’ordre de 60 euros, au cours actuel !

            Alors me direz-vous, BMW, c’est tout de même mieux que la Lada russe ! Et à écouter la Bardot, on va finir par échanger ses deux éléphants contre le gros éléphant qui vient de gagner les steppes de la Russie !

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 11:55

Humeur Tique : Quel avenir pour Mayotte ?

            Le blog du   1er décembre 2012  a fait écho à un article intéressant de la revue très sérieuse  « Hérodote » sur la situation inquiétante du nouveau département de Mayotte.

            Cette situation a déjà été évoquée à plusieurs reprises sur ce même blog, mais le journal Le Monde vient de publier à la rubrique EVENEMENT, page 2 et 3 du numéro du 28 décembre 2012 des reportages bien documentés, intitulés « Catastrophe migratoire à Mayotte » Les mineurs étrangers isolés, une « bombe à retardement » « En rétention, la machine à expulser bat son plein ».

            Mais sans rappeler que la décision de la France a été prise en contradiction avec de nombreuses résolutions anciennes de l’ONU. En 1977, la France, en sa qualité de membre permanent du Conseil de Sécurité, a mis son veto à son inscription à l’ordre du jour !

            Il convient de rappeler que la République des Comores considère que Mayotte fait toujours partie de son domaine de compétence, parce qu’il fait effectivement partie de l’archipel des Comores.

            Le reportage donne le chiffre d’environ 3 500 mineurs jeunes isolés, c’est-à-dire « étrangers », alors que la revue Hérodote en donnait environ 8 000.

            Le grand journal de référence nous livre enfin une vérité crue sur ce dossier quasiment insoluble que les gouvernements précédents n’ont pas eu le courage de régler autrement, qu’en accordant un statut départemental tout à fait démagogique, à l’aune de la plupart des décisions et aventures coloniales anciennes !

A la vérité, une connerie de type colonial, à l’exemple de beaucoup d’autres, sous la  3ème ou 4ème République !

           

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 12:10

Humeur Tique : Nouvelle déontologie au journal Le Monde ! Et quel tournant 2013 !

Les Dimanche 30 –Lundi 31 décembre 2012, le vieux journal Le Monde donne une nouvelle dimension à sa déontologie des lecteurs !

 

            Dans ce numéro, le journal annonce à ses lecteurs une hausse surprise de vingt centimes, soit + 12,5% d’augmentation, ce qui n’est tout de même pas mal !

            Une autre surprise ? Celle de l’insertion de six pages de pub pour les grandes surfaces U, dont deux pages du journal, les pages 10 et 11, soit 2 pages sur 22, soit + 9% donc pour la pagination, au total un petit supplément de plus de 20% pour le journal du jour.

            Sur la première page, un encart rouge de pub pour les grandes surfaces U avec ce commentaire :

« En page centrale, les magasins U donnent une nouvelle dimension au commerce », et pourquoi ne pas ajouter :

 « En page centrale, le journal Le Monde donne une nouvelle dimension à la déontologie de ses lecteurs ! »

            Car pour terminer, et prendre un vrai tournant, le même numéro propose à ses lecteurs une réflexion utile sur les 13 tournants mondiaux qui vont marquer 2013, parmi lesquels, et au titre du dernier, le numéro 13, « L’élan du féminisme porno » !

Avez-vous bien lu ? En concurrence avec le génome, l’Afrique, l’Amérique, ou le réchauffement climatique… ?

Comme diraient certains, le diable est décidément dans les détails !

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 18:54

Humeur Tique : Depardieu et la cohérence politique de l’Union Européenne !

 

            Le sujet a déjà fait l’objet de tant de commentaires qu’il n’est pas utile d’en rajouter un, sauf peut-être le regret, qu’auréolé de son image de star, Depardieu n’ait jusqu’à présent pas mis sa popularité au service d’une vraie cause européenne, celle de son harmonisation fiscale, puisqu’il suffit de franchir quelques centaines de mètres, à terre, ou de miles, en mer, pour se voir accorder un statut fiscal plus favorable.

            Et dire à tous que cette situation n’a rien de nouveau ! Malheureusement !

           

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 18:50

Le film « Le Fleuve » de Jean Renoir

            Le scenario de ce film a la particularité d’avoir été tiré d’un livre de Mme Rumer Godden, laquelle  avait déjà fourni, avec un autre livre,  le sujet d’un film précédent intitulé « Le narcisse noir » de Michael Powel.

            Le 22 décembre 2010, sur ce blog, nous avons proposé une lecture de ce dernier film qui se déroulait également dans l’Inde coloniale, mais dans l’Himalaya, avec un cortège de bonnes sœurs chargées d’y installer un couvent dans l’ancienne résidence d’un maharadjah.

Un film complètement truqué, servi par la merveilleuse actrice Deborah Kerr. Ce n’est pas uniquement sa présence qui rendait le film intéressant, mais sa manière de faire ressortir tout le mystère et toute l’ambiguïté d’une rencontre entre cultures et religions différentes à l’époque coloniale considérée, d’autant plus qu’il s’agissait de femmes, ce qui n’était pas alors très courant.

Un film tout à fait remarquable !

D’après la chronique, le premier film n’avait pas plu à l’auteur du livre, et ce fut la raison du choix de Jean Renoir pour mettre en scène son autre livre.

L’histoire se déroule au bord du Gange, dans la propriété d’un industriel du jute et dans la cité hindoue qui la jouxte.

. Elle met en scène une famille anglaise et repose essentiellement sur la découverte de l’amour par trois jeunes filles en présence d’un ancien officier américain venu voir un de ses anciens amis.

Est à peine abordée, par allusions, l’histoire d’un autre homme qui avait épousé une femme d’origine hindoue, décédée, dont la fille métisse continue à vivre sous son toit, à la mode indienne.

De très belles images du Gange, des embarcations, des temples, des cérémonies religieuses et des marchés, tournées en technicolor, une des nouveautés de ce film !

Au résultat, les couleurs de ce film sont chatoyantes, mais elles ont beaucoup de mal à masquer la couleur terne d’un navet, jugement qui va à rebours de beaucoup de critiques professionnelles qui y voient une vraie merveille.

D’autant plus décevant, qu’avec un film où tout le monde est bon et gentil, vous ne comprendrez rien à l’Inde coloniale, alors qu’elle venait de traverser une période d’indépendance sanglante, avec de gigantesques transferts de population.

Fort heureusement, le réalisateur s’est illustré, comme chacun sait, par de grands films, sans qu’il ait cru bon alors de s’égarer dans un exotisme de pacotille.

Jean Pierre Renaud

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