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5 mai 2024 7 05 /05 /mai /2024 11:17

La Politique Etrangère de la France

« HENRI KISSINGER »

« DIPLOMATIE »

(1994)

Avant-propos

Le nouvel Empereur Chinois vient en France et cette visite est tout un symbole  du monde actuel,  entre le Nain Gaulois  et le Géant Chinois,  68 millions d’habitants contre 1,412 milliard d’habitants.

Un géant qui est devenu une des nouvelles puissances du monde à pas de Géant !

Cette visite régale un Président qui a tendance à se prendre pour un des Maîtres du Monde, dans une certaine continuité avec la politique étrangère traditionnelle de la France telle que l’a décrite Henri Kissinger, mais les ordres de grandeur ont changé et les canonnières françaises sur le Yang Tsé sont depuis longtemps oubliées.

N'oublions pas que Xi Jinping est le nouvel Empereur Chinois d’une grande et ancienne civilisation capable de jouer sur tous les tableaux.

&

Macron vient de faire un grand laïus à la Sorbonne sur l’Europe, en rééditant l’exercice oratoire qu’il avait déjà fait dans la même Sorbonne en 2019.

Il adore ça, mais l’art oratoire de la parole publique lui fait défaut, au moins autant que la science du commandement qui consiste à hiérarchiser ses objectifs.

La France n’est pas convaincue des résultats de la politique menée depuis 2017, 7 ans déjà, avec une succession de crises, il est vrai, d’autant plus qu’il lui laisse déjà une dette colossale de 1 000 milliards d’euros, laquelle signe une politique économique et financière désastreuse.

Aux yeux de nombreux Français, et contrairement à ce qu’il se vante d’avoir changé, le Président actuel a continué à faire la politique étrangère française, traditionnelle, c’est-à-dire celle du « coq gaulois », sans mettre en œuvre des institutions à géométrie variable adaptées à cette Union à 27 ingouvernable.

&

Revenons à Kissinger et aux propos qu’il tient dans son livre aux pages 106,107, et suivantes.

« Deux révolutionnaires Napoléon III et Bismarck »

            «…. Napoléon III avait encouragé la révolution sans en comprendre l’issue prévisible incapable de jauger les rapports de force et les mettre au service de ses objectifs à long terme, il avait échoué sa politique étrangère périclita non parce qu’il manquait d’idées, mais parce qu’il se montra incapable  d’établir une hiérarchie entre ses nombreuses ambitions ou de les confronter aux nouvelles réalités qui se dessinaient en quête de renommée, il ne s’en tint jamais à une ligne d’action précise il se laissa bien plutôt conduire par une multiplicité d’objectifs, dont certains étaient complètement contradictoires lorsqu’il affronta la crise décisive de sa carrière, ces orientations se neutralisèrent les unes les autres…

La politique internationale en vint à se fonder sur la force pure et simple. Et dans un monde ainsi défini, un décalage s’instaurait entre l’image que la France avait d’elle-même comme nation prépondérante en Europe, et sa capacité à se montrer à la hauteur de cette image – un décalage qui n’a jamais cessé d’aveugler sa politique. Pendant le règne de Napoléon III, cette réalité fut mise en évidence par l’échec de l’empereur à réunir le fameux congrès qui entreprendrait la révision de la carte de l’Europe ce congrès, il le réclama après la guerre de Crimée en 1856, avant la guerre d’Italie en 1859,, pendant la révolte polonaise en 1863, pendant la guerre des duchés en 1864, et avant la guerre austro-prussienne en 1866, - sans faire de propositions précises, sans être disposé à risquer la guerre pour obtenir gain de cause. Napoléon III buta toujours sur le même problème : il ne se trouvait pas en position d’exiger, et ses projets étaient trop extrémistes pour susciter le consensus.

La propension de la France à s’associer avec des pays prêts à accepter son hégémonie a été une constante de sa politique étrangère depuis la guerre de Crimée. Incapable d’occuper une position dominante dans un éventuelle alliance avec la Grande Bretagne, l’Allemagne, la Russie ou les Etats Unis, et considérant une position secondaire comme incompatible avec son idée de grandeur nationale et avec son rôle messianique dans le monde, la France a recherché ce leadership dans des ententes avec des puissances de moindre rang – avec la Sardaigne, la Roumanie, et les Etats allemands intermédiaires au XIXème siècle, avec la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie et la Roumanie dans l’entre-deux guerres.

On peut noter que la politique étrangère de la France après de Gaulle n’a pas été menée différemment. Un siècle après la guerre franco-allemande de 1870, le problème d’une Allemagne plus puissante continuait d’obséder la France. Elle fit le choix de rechercher l’amitié de ce voisin redouté et admiré or la logique géopolitique aurait dû l’inciter à créer des liens étroits avec les Etats - Unis – ne fut-ce que pour accroitre sa liberté de manœuvre  Mais la fierté de la France empêcha ces liens de se tisser et la conduisit à vouloir parfois de manière irréaliste, un regroupement quel qu’il soit – à la limite n’importe quel regroupement européen – pour contrebalancer l’influence des Etats-Unis au risque même de voir l’Allemagne occuper une position dominante sur le continent.

A cet égard, la France a agi à l’occasion comme une sorte d’opposition parlementaire au leadership américain, s’efforçant de construire une communauté européenne susceptible d’offrir une solution de rechange à ce leadership et cultivant des liens avec des pays qu’elle pourrait (ou pensait pouvoir) dominer.

Depuis la fin du règne de Napoléon III, la France aura manqué de la puissance nécessaire pour imposer ses aspirations universalistes héritées de sa Révolution, et d’un champ où exercer sa ferveur missionnaire. Depuis plus d’un siècle, elle accepte difficilement que les conditions objectives de sa prépondérance, introduites par Richelieu, aient disparu après que les nations se furent unifiées en Europe. Le caractère ombrageux de sa diplomatie a tenu pour beaucoup aux efforts de ses dirigeants, soucieux de perpétuer son rôle de pivot de la politique européenne dans un environnement de plus en plus hostile à de telles ambitions. Il est paradoxal que le pays qui inventa la raison d’Etat ait dû consacrer tant d’efforts, pendant plus d’une partie du siècle, à aligner ses ambitions sur ses capacités. En vain. » (page 107)

PROLOGUE

Ne jamais oublier les leçons du grand La Fontaine !

« La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf !

Il est vrai que les grenouilles ne jouent pas au foot !

Jean Pierre Renaaud

 

 

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26 avril 2024 5 26 /04 /avril /2024 18:23

Une France Ambigüe !

De plus en plus Ambigüe !

A l’Enseigne des Trois Singes Chinois !

« Ne pas voir ! Ne pas entendre ! Ne pas dire ! »

(1)

&

Le Figaro du 19 avril 2024

4ème page

« Avec Rima Hassan, les Insoumis accusés de jouer la carte communautariste »

Richard Flurin

« La jeune activiste, qui  figure en septième position sur la liste de Manon Aubry, place la question palestinienne au cœur de la bataille électorale. »

Le journal précise en fin d’article :

«… La voix de l’activiste franco-palestinienne porte particulièrement dans la « campagne chorale » mise au point par les stratèges insoumis…. »

Grâce à la binationalité et à la complicité de LFI, la Palestine devient un des enjeux des élections européennes !

Le journal publie sa chronique en l’accompagnant d’une belle photo de la candidate :

« Rima Hassan lors de la Convention de l’Union populaire réunis par LFI à Villepinte  (Seine-Saint-Denis) le 16 mars »

Article plus photo font une demi-page du journal

Questions d’un citoyen encore Français ?

Le journal fait le choix de l’expression « La carte communautariste » plutôt que celle de la « carte nationale », alors qu’il s’agit bien de l’entreprise de démantèlement de la nation française en cours depuis plusieurs dizaines d’années.

Ne serait-il pas temps de remettre toutes nos pendules à l’heure et ouvrir un débat national sur la nationalité française pour savoir qui gouverne dans notre pays, et qui gouvernera puisque la France accorde très généreusement sa nationalité à aux habitants de toute la planète, ou presque ?

Depuis des années, nos gouvernants ferment les yeux, encouragent sans le dire le communautarisme pour le grand bonheur d’un mouvement politique fossoyeur de notre nation.

 Une nation « implicite » ! A faire, d’après Macron qui déclare « faire nation » !

Parler de communautarisme évite de parler de nation, notre nation est devenue implicite, sauf que les bi, tri nationalités se sont développées sans que les électeurs de France ne l’aient décidé !

Que se passerait-il en cas de conflit même entre pays de l’Union Européenne, entre l’Espagne et la France, avec les exemples d’un ancien Premier Ministre ou de la Maire actuelle de Paris ?

Qui gouverne ?

Encore plus grave, la débauche des binationalités avec les pays du Maghreb, notamment l’Algérie qui joue en permanence sur les deux tableaux !

C’est l’Algérie qui désignera nos Présidents de la République ?

Et nos Présidents, qu’ils s’appellent Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande, ou Macron, ont fait ou font comme si le problème n’existait pas !

L’emblème de la France est devenu celui des trois petits singes chinois que nos avons choisis pour titre, je n’ai rien vu, je n’ai rien entendu, je n’ai rien dit !

Jean Pierre Renaud

  1. C’est l’image que j’ai choisie pour la couverture de mon livre « Supercherie coloniale » (2008), un livre qui dénonce une histoire postcoloniale fictive qui alimente les gros sous d’une propagande néfaste pour notre pays.
  2. Voir la critique Taguieff  « L’imposture décoloniale (2020) que j’ai publiée le 2 mars 2021
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16 avril 2024 2 16 /04 /avril /2024 09:56

Où va le Sénégal avec son nouveau double Président?

Deux titres d’articles

« Le Canard enchainé » du 3 avril 2024 en page 7 »

« Bassirou Diomaye Faye »

« Lui c’est lui et moi c’est lui »

« Le nouveau président du Sénégal a été élu au premier tour le 24 mars. Mais beaucoup de ceux qui ont voté pour lui ont en fait soutenu un autre homme, empêché de se présenter »

Anne Sophie Mercier

« Le Figaro » du 5 avril 2024, en dix-septième page »

Interview Tanguy Berthemet

« Le Sénégal vit une révolution panafricaine, anticoloniale et conservatrice »

El Hadj Souleymane Gassama »

« Pour le journaliste El Hadj Souleymane Gassama, dit Elgas, chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques, la radicalité souverainiste anticoloniale qui souffle sur l’Afrique de l’Ouest inspire aussi le nouveau pouvoir sénégalais. Mais ce dernier garde la porte ouverte avec Paris et prend ses distances avec la junte malienne et la Russie. »

Le Canard enchainé

Le journal satirique pose les bonnes questions sur l’ambiguïté du couple d’amis qui vont gouverner le Sénégal, avec des électeurs qui auraient voté en fait pour une « doublure » :

« Car « Diomaye » comme l’appellent ses partisans n’est rien d’autre qu’une doublure. Un joker qui a touché le gros lot. Celui sur qui tous les regards étaient braqués s’appelle Ousmane Sonko. Empêché de se présenter en raison de ses ennuis judiciaires, Sonko a dû désigner son bras droit. »

Le journal introduit son analyse en rappelant :

« C’est une vieille phrase qu’on aime prononcer au Sénégal, une vielle phrase pleine de finesse : « Le fauteuil présidentiel n’est pas une banquette. » Bref, le pouvoir suprême ne se partage pas, il n’y a de place que pour un seul….. »

« Coincé entre Sonko et une jeunesse qui attend du panache, de la croissance, des emplois et des miracles ; Bassirou Diomaye Faye a peut-être quelques idées en tête. Il vient de déclarer benoîtement qu’il n’y aurait finalement pas de poste de vice-président. Enfin, pas maintenant.

La banquette, le fauteuil, toujours la même histoire.il apprend vite le bougre. »

L’article évoque « la découverte récente d’importants gisements de pétrole et de gaz ».

Attendons la suite ….      Car cela explique peut-être tout…

Le Figaro

Tanguy Berthemet, le spécialiste, interviewe donc El Hadj Souleymane           Gassama, dit Elgas, un journaliste, né à Zinguinchor et vivant en Normandie, auteur de livres, le dernier signé Elgas et intitulé « LES BONS RESSENTIMENTS ESSAI SUR LE MALAISE-POST-COLONIAL »

Le Figaro – « Avez-vous été surpris par le raz-de-marée du Pastel et de Bassirou Domaye Faye, sorti vainqueur de l’élection présidentielle sénégalaise ?

« Oui, bien sûr, même si la victoire du Pastel semblait inéluctable, avec le parti de Macky Sall qui déclinait et les parasitages internes de la candidature d’Amadou Ba… Cela indique que le Pastel suscite un immense espoir, qu’il a réussi à réenchanter la politique pour les jeunes défavorisés, son bastion électoral, tout en ralliant une certaine élite et un électorat de campagne. .. »

&

Je ne me hasarderai pas à citer et à commenter un texte touffu à l’image des réflexions et appréciations de l’auteur, dans le contexte multiculturel volatil de l’Afrique de l’Ouest.

Je me contenterai de citer la dernière question et la dernière réponse :

« Paris doit-il avoir une chance de se rétablir en Afrique de l’Ouest ? »

« Il me semble qu’à l’Elysée on le perçoit ou on le souhaite. Macron a appelé le président élu et il n’a pas reçu de fin de non-recevoir. Il y a une chose qu’il ne faut peut-être pas exagérer. Restons prudents. Mais qu’un parti porté par la jeunesse ait été plébiscite et veuille insuffler un changement, cela peut être une bonne chose pour tous si c’est sincère. Pour la France, avoir un partenaire fiable qui ne représente pas une élite corrompue est une opportunité. D’autant que le Sénégal, on l’a dit, peut représenter le contre-exemple parfait de la fatalité des coups d’Etat. »           

Jean Pierre Renaud

PS : la question que l’on ne pose pas sur le Franc CFA et sur la CDEAO ?

La monnaie en question n’aurait-elle pas plus qu’un air de ressemblance avec l’ancienne piastre indochinoise qui alimenta beaucoup de trafics chez les bien placés et les bien informés ?

Autre question sur le journaliste : « El Hadj » ? C’est-à-dire a été en pèlerinage à La Mecque ?

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26 mars 2024 2 26 /03 /mars /2024 19:04

Publications au cours des derniers mois…

 

3/12/2023

JO 2024 « Ouverture sur la Seine »
« Une folie de plus »

&

8/9/10/01/2024

« Histoire coloniale et post-coloniale à la dérive avec ou sans Pascal Blanchard « l’historien entrepreneur » postcolonial

La propagande coloniale avec l’Agence des Colonies, la vraie

1/03/2024

« Regards croisés des blancs et des noirs sur l’Afrique Occidentale (1890-1920) »

avec le sommaire de l’essai complet le 30/01/2024

3/03/2024  

« Un chinetoque »

Un bon échantillon des faux raisonnements postcoloniaux !

&

                                                  1/01/2024

                                                 Vœux 2024

La France coincée de Macron

5/01/2024

« Prodiges de la Musique »

« Un cadeau pour la France »

24/02/2024

Crise de l’Agriculture Française ? Non crise de la Civilisation Française !

Printemps 2024

Russie Europe

Attention danger !

Tout est possible !

« L’ancien KGB Poutine gesticule dangereusement. »

&

Paris

26/01/2024

Mairie de Paris

« Le Catch Féminin Hidalgo Dati »

6/02/2024

« La Méthode Hidalgo »

« L’entourloupe politique »

21/01/2024

« Ma passoire thermique »

Benoit Duteurtre

15/01/2024

Avec le Pape François

Un témoignage de vie tout à fait exceptionnel

« Homosexualité et bénédiction chrétienne »

Jean Pierre Renaud

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18 mars 2024 1 18 /03 /mars /2024 10:25

USBEK ET RICA

Série Actualités Humeur Tique

Avec Usbek et Rica

Sur les pas de Montesquieu

Dans la France de 2024

 

LE KGB à l’Assemblée Nationale…

Il est vrai que la Perse a bien changé avec les Ayatollahs de la pire espèce, mais je puis te dire Rica que la France aussi a bien changé…

            Il y a quelques jours, en zappant sur mon écran, tu connais ces écrans avec ces flux d’images qui envahissent la planète, je suis tombé sur un épisode judiciaire organisé par l’Assemblée Nationale sur les ordres de l’ARCOM, nouvelle autorité indépendante, chargée de garantir le pluralisme des chaines de la TNT, si j’ai bien compris...

            Je me suis cru revenu aux belles périodes d’une Union Soviétique qui savait faire rouler les procès et les têtes pour les punir de trahison ou de déviationnisme…

            Deux jeunes députés LFI s’étaient érigés en Procureurs chargés de débusquer les fautes, pour ne pas dire, les péchés contre le pluralisme démocratique, alors qu’ils appartenaient à un mouvement politique cultivant presque chaque jour des excès de comportement politique.

            Il s’agirait de savoir si la puissance publique, est habilitée à renouveler les autorisations d’émettre des chaines de la TNT en question…

 

SUS au Rassemblement National !

        SUS à l’extrême droite !

        Mais pas à l’extrême gauche ?

            Est-ce que la Macronie, sous la houlette d’un Président armé de sa baguette de chef d’orchestre quotidien, croit qu’il suffira de renouveler ce refrain pour neutraliser cet adversaire préféré ?        

Alors que ce type de pilonnage politique évite au Rassemblement National d’y répondre ! Pas besoin de faire de la propagande !

Dernière remarque, les électeurs de notre beau pays auraient-ils oublié que le Parti Socialiste n’hésita pas dans les années 1970 à s’allier avec un parti de l’Etranger : il s’agissait du Parti Communiste « Français » affilié, pour ne pas dire affidé à une URSS qui ne s’écroula qu’en 1989.

EN 1981, avec le Programme Commun, Mitterrand n’eut aucun scrupule politique à signer un Pacte de Gouvernement avec un parti de l’Etranger et à nommer des ministres communistes…

Pour les petits français qui ont la mémoire courte, un certain Chevènement fut alors un rédacteur inspiré de la bureaucratie communiste qui était promise  à mes hôtes.

               Jean Pierre Renaud

 

 

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12 mars 2024 2 12 /03 /mars /2024 11:30

Oyez, Oyez, Français et Françaises !

Le 27 mai prochain, l’Assemblée Nationale est invitée à voter le suicide assisté de la Macronie, quelques jours avant les élections européennes !

La loi promise par un Président sous le sceau d’une mort choisie en toute « fraternité »… promue par une convention citoyenne tirée au sort…

La nouvelle Française des Jeux de la Macronie !

Le Président envisage-t-il d’organiser une cérémonie pour sceller cette nouvelle « fraternité » de notre devise nationale ?

Les évêques de notre beau, encore, pays condamnent cette « tromperie ».

Français, Françaises, saisissez l’occasion des Européennes pour procéder au suicide assisté de la Macronie, « en toute fraternité », naturellement !       

Jean Pierre Renaud, le 12 mars 2024

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8 mars 2024 5 08 /03 /mars /2024 12:19

La France n’a plus confiance !

2017-2024

La France n’a plus confiance Monsieur le Président !

Votre hyperactivité médiatique et politique avec en permanence le tout et son contraire, vos têtes à queue politiques, votre goût pour le disruptif, ont contribué à rendre notre pays anxiogène…

Après les gilets jaunes et le Covid, l’Ukraine, et la flambée de violences urbaines de juin-juillet 2023, la France aspirait à retrouver l’équilibre des institutions, avec leur colonne républicaine, ce qui n’est pas le cas.

Vous nous donnez le tournis alors qu’avec  l’explosion des réseaux sociaux, leur pouvoir exorbitant, de plus en plus de nos concitoyens ne croient plus à rien !

Et pour ne rien ajouter une écologie de plus en plus anxiogène dans une ambiance des peurs millénaires de fin du monde !

Comment croire que le rythme endiablé des commémorations nationales que vous avez programmées suffiront à apaiser cette défiance nationale ?

Les Français vont finir par croire que ce type de gesticulation politique a pour but de pallier une carence au sommet …

                                                                           Jean Pierre Renaud

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3 mars 2024 7 03 /03 /mars /2024 10:29

Intermèdes

Le Sens des Mots

Un « chinetoque »

Dans la France du jour, les n’importe qui et les pas n’importe qui peuvent raconter n’importe quoi !

Les stéréotypes de

« France 5 à 21.05 le 4 février 2024 »

« Inédit « Je ne suis pas un chinetoque – Histoire du racisme anti-asiatique »

Documentaire Société, Fra, 2023, Réal : Jessica Bagic, Emilie Tran Nguyen 1h 30

« Les Français d’origine asiatique subissent des insultes dès la cour de l’école. Renvoyés à leur couleur de peau, désignés comme un seul groupe, leurs histoires et parcours si différents sont souvent ignorés. Née d’une mère française d’origine algérienne et d’un père vietnamien, la journaliste Emilie Tran Nguyen a été confrontée à ces stéréotypes raciaux. »

Dans la France du jour, les stéréotypes de toute nature sont à la mode et servent à faire parler de soi, de sa famille, de sa communauté d’origine ou non…

S’agit-il de la communauté chinoise ou vietnamienne ?

Une chronologie et une statistique SVP !  

&

De quel chinetoque s’agit-il ? Qui ? Quand ? Où ?

Une petite anecdote chinetoque pour finir.

Il y a plusieurs dizaines d’années, dans mon entourage, à Sartrouville, une jeune fille croisait quelquefois un garçon qu’elle identifiait ainsi :

« Il est mignon ce petit chinetoque ! »

Sauf qu’il s’agissait d’un malgache, qu’elle épousa d’ailleurs plus tard !

Jean Pierre Renaud            Tous droits réservés

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3 mars 2024 7 03 /03 /mars /2024 10:20

Les merveilles de la PUB !

           Sur France 2 Chaine Publique

Avec Legrand.fr

Chaque jour, un apéritif d’imbécillité avant le Journal !

Un couple qui se tortille des fesses… comme un ver… une chorégraphie du court-circuit électrique ! Avant d’aller s’étendre …

De la Pub conne, la télévision vous en abreuve chaque jour…

Vous subissez ce matraquage que vous impose une chaine publique que vous financez !

Il n’y a plus de « pilote dans l’avion » !

Jean Pierre Renaud

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1 mars 2024 5 01 /03 /mars /2024 16:09

Regards croisés des blancs et des noirs sur l’Afrique Occidentale (1890-1920)

 

Conclusions

 

« Ah ! il fallait pas, il fallait pas qu’il y aille

Ah ! il ne fallait pas, il fallait pas y aller

Mais il a fallu, il a fallu qu’il y aille

Mais il a fallu, il a fallu y aller »

 

Telle pourrait être la formule et le refrain la plus ramassée de mes réflexions sur la colonisation française !

Ainsi que le disait la chanson militaire bien troussée, intitulée « Le tambour miniature » !

 

 

            Mon ambition était de tenter de retracer les premiers échanges entre blancs et noirs, les premiers regards croisés, et d’examiner toutes les questions qui allaient se poser, au moment où la France installa définitivement son pouvoir colonial, en tout cas certains de ses enfants le croyaient-ils, en Afrique de l’ouest, une entreprise hardie, et sans doute impossible.

            Il s’agissait pour moi de mieux comprendre le processus colonial de la première phase de la colonisation, celle des années 1890-1914, et je serais sans doute imprudent d’en conclure que tel a été le cas.

 

            J’ai tenté de répondre à une des questions qui me taraude depuis la date de mes études, le pourquoi des conquêtes coloniales, le pourquoi de ma première vocation, très courte, qui fut celle du service de la France d’Outre- Mer, et le pourquoi du large échec de la colonisation.

 

            Tout feu, tout flamme, à cette époque de ma jeunesse, le rêve d’un service au service des autres, les Africains, avait effectivement bercé mes études, alors que je n’avais pas eu le temps, ou pris le temps de me pencher sur l’histoire détaillée de nos conquêtes coloniales et sur la connaissance que nous avions du continent africain. J’en savais toutefois, déjà assez, pour ne me faire aucune illusion sur la pérennité de notre présence coloniale en Afrique, mais je croyais qu’il était encore possible de fonder une nouvelle communauté de destins entre la France et ses anciennes colonies, ce qui n’a pas été le cas, et en tout cas pas sous la forme caricaturale de la Françafrique. 

            S’il est vrai que la conquête coloniale de l’Afrique de l’ouest fut, par bien de ses aspects, et de ses exploits, une sorte de saga militaire qui vit souvent s’opposer de grands adversaires, les couples Gallieni-Ahmadou, puis Archinard-Ahmadou, puis Archinard-Samory, fusse souvent avec la supériorité de notre armement, les premiers pas de la colonisation s’effectuèrent dans une paix civile relative, toute nouvelle, facilitée par la destruction des grands empires du bassin du Niger, celui d’Ahmadou, en pleine déliquescence, celui de Samory, en pleine puissance, et l’installation d’une nouvelle paix civile, celle de l’ordre public colonial,.

 

            Quelles conclusions tirer de notre analyse ?

            Les temps courts de la colonie

            Les temps de la conquête et de la colonisation ont été des temps courts, une trentaine d’années au maximum, pour la conquête et l’installation du nouveau pouvoir colonial, 1880/1890 – 1910/1914, une vingtaine d’années pour la « belle » période coloniale, 1920/1940, et moins de vingt années après la fin de la deuxième guerre mondiale, 1945/1960, alors que l’AOF était déjà entrée dans un autre monde, qui n’était plus celui de la colonisation.

            Ajoutez à cela que deux guerres mondiales avaient interrompu ou perturbé gravement les processus coloniaux : après le retour des anciens tirailleurs de la guerre de 14-18, le Blanc n’était déjà plus l’homme « miracle », et après la défaite de la France, en 1940, les changements intervenus chez les maîtres du monde, la toute puissance des Etats-Unis, le cours de l’Afrique devait inévitablement prendre un cours nouveau.

 

            La colonisation française se développa donc dans un temps historique très court, une période « utile » de l’ordre de cinquante années, interrompue par les deux guerres mondiales, et débouchant sur un après 1945, un nouveau monde, celui du déclin de l’Europe, de la tout puissance des Etats-Unis, et rapidement de la guerre froide, d’une Quatrième République dont l’objectif N°1 était la reconstruction du pays.

 

            Il est indispensable d’avoir ces données temporelles à l’esprit quand on a l’ambition de vouloir apprécier les tenants et aboutissants de la colonisation française, sinon ses résultats, car elles sont historiquement capitales.

 

            Des yeux plus gros que le ventre, toujours plus gros que le ventre, hier comme aujourd’hui, « la politique de grandeur » de la France.

            Les gouvernements de la Troisième République ne manquaient pas d’air pour se lancer dans de grandes expéditions coloniales en Afrique, en Asie, et à Madagascar,  alors qu’ils ignoraient tout, ou presque tout des peuples de ces nouvelles colonies, et qu’ils n’avaient jamais arrêté de politique coloniale.

            Il y a beaucoup d’anecdotes qui démontrent la grande ignorance que nos hommes politiques avaient du domaine colonial, et cela jusqu’à la décolonisation.

            C’est une des raisons, parmi d’autres qui me font répéter, que le peuple de France n’a jamais été concerné par les colonies que de façon marginale, lorsqu’il y eut de la gloire à glaner, celle que Montesquieu avait déjà mise en lumière comme une des caractéristiques de la psychologie des Français, ou inversement lorsqu’il fut nécessaire de lutter contre les révoltes violentes des peuples qui revendiquaient une indépendance tout à fait légitime.

            Dans le conflit indochinois, la Quatrième République se garda bien de mobiliser le contingent et fit appel aux éléments professionnels de son armée, décision qui marquait bien sa volonté de tenir le peuple à l’écart, et lorsque la même République envoya ses appelés en Algérie, mal lui en a pris, puisque la présence massive du contingent a plutôt été un facteur d’accélération de l’indépendance algérienne.

            Vous imaginez l’inconscience, la légèreté, la démesure, dont il fallait faire preuve, à la fin du dix-neuvième siècle, pour lancer la France dans de grandes expéditions militaires sur plusieurs continents, en Asie, à plus de dix mille kilomètres de la France, ou en Afrique, à quatre ou cinq mille kilomètres, même en tenant compte du saut technologique qui en donnait la possibilité théorique, la quinine, la vapeur, le câble, les armes à tir rapide, et le canal de Suez.

            La légèreté ou l’inconscience politique pour avoir l’ambition de conquérir des millions de kilomètres carrés sous n’importe quel climat, sans savoir par avance ce qu’on allait bien pouvoir en faire !

            Pour former ces expéditions, les gouvernements de la Troisième République se sont bien gardés de faire appel aux soldats de la conscription, mais déjà aux éléments professionnels de son armée, et surtout aux fameux tirailleurs sans le concours desquels aucune conquête n’aurait été possible.

            Le summum de cette folie fut l’expédition de Fachoda, en 1898, la France nourrissant l’ambition de contrer les Anglais dans la haute Egypte, alors que notre pays avait abandonné l’Egypte aux Anglais, quelques années auparavant, et que Kitchener remontait le Nil avec une armée moderne, des milliers d’hommes avec vapeurs, canons, et télégraphe. En face, une dizaine de Français, avec à leur tête le capitaine Marchand, pour y  planter notre drapeau, alors qu’il fallait faire des milliers de kilomètres dans une Afrique centrale encore à découvrir pour ravitailler la mission Marchand à Fachoda.

 

            Les premiers regards croisés

            Au cours de la première phase de contact entre les deux mondes, et hors période d’affrontement militaire, les premiers blancs, en tout cas ceux que nous avons cités, et qui nous ont fait partager leurs récits, leurs carnets d’expédition ou de voyage, n’ont pas porté un regard dépréciatif sur les sociétés africaines qu’ils découvraient, plutôt un regard d’étrangeté.

            Les lecteurs connaissent le débat qui a agité au dix-neuvième siècle le monde intellectuel et politique quant à la question des races et d’une supériorité supposée de la race blanche, nous avons déjà évoqué le sujet, mais sans introduire le critère racial, il est évident qu’un officier de marine français ou anglais, car les officiers de marine ont très souvent été les artisans des conquêtes coloniales, ne pouvait manquer d’éprouver un sentiment de puissance extraordinaire - tout devait leur sembler possible -  quand ils débarquaient sur les côtes africaines à partir de leurs monstres d’acier, car il faut avoir vu des images des parades des flottes militaires de l’époque, à Toulon, à Cherbourg, ou à Cronstadt, pour en avoir conscience.

 

            Pour faire appel à une comparaison anachronique, la perception des choses que pourrait avoir le commandant d’un paquebot de croisière, à l’ancre à Pointe à Pitre, une sorte d’immeuble de grande hauteur, en apercevant de son neuvième ou dixième étage, un piéton sur le quai.

            Dans un de ses romans, Amadou Hampâté Bâ, parlait des monstres d’acier, les vapeurs du Niger qu’il avait vu dans son enfance, mais qu’aurait-il pu dire alors s’il avait vu les autres grands monstres d’acier, avec leurs cheminées monstrueuses, qu’étaient les cuirassés ou les croiseurs des flottes anglaises, françaises, russes, ou japonaises.

            Tout a commencé à changer quand le système colonial à la française s’est mis en place, lorsque le colonisateur a voulu, pour des raisons de facilité et de simplicité évidentes, administrer les Noirs sur le même modèle, établir le nouvel ordre colonial en usant soit de la palabre, soit, et plus souvent de la violence, comme nous l’avons vu en Côte d’Ivoire.

            Du côté africain, nous avons tenté de proposer un aperçu des regards qu’ils pouvaient porter sur ces premiers blancs, avec le sentiment que les Africains trouvaient encore plus étranges ces blancs que les blancs ne pouvaient les trouver eux-mêmes étranges, sortes de créatures venues d’un autre monde, familières de leur propre monde imaginaire.

 

            Dans les apparences, un grand bouleversement des sociétés africaines en peu de temps, avec une grande immobilité au-dedans des mêmes sociétés africaines.

            Ce serait sans doute ma première remarque sur les changements intervenus dans cette région du monde, des changements qui furent souvent de vrais cataclysmes pour beaucoup de sociétés africaines repliées jusque-là sur elles-mêmes, souvent aux prises avec des voisins prédateurs, des sociétés qui vivaient d’une certaine façon en dehors du temps, dans leur propre temps, mais en même temps capables de se refermer sur elles-mêmes comme des huitres.

            Dans les pages qui précèdent le lecteur aura pris la mesure de l’écart considérable qui pouvait exister entre le fonctionnement de ces sociétés, le contenu de leurs cultures et croyances, et la société française de la même époque, un écart que seuls les bons connaisseurs du monde africain avaient pu mesurer tout au long de la période coloniale.

            Nous avons fait appel à des témoins compétents et non « colonialistes » dans le sens anachronique que certains leur prêtent, pour éclairer le lecteur sur les caractéristiques de cette société africaine, ou plutôt de ces sociétés africaines, tant elles étaient variées, des caractéristiques religieuses et culturelles qui compliquaient la tâche du colonisateur, pour ne pas dire, la rendait impossible.

            Un bouleversement immense, peut-être plus en surface, dans les organes politiques apparents, les circuits d’un commerce encore faible, qu’en profondeur, alors que le monde noir vivant restait souvent à l’abri, très résistant dans ses convictions magiques et religieuses.

            Les témoignages de Delafosse, Labouret, Delavignette, et Sœur Marie Saint André du Sacré Cœur illustrent bien cette situation paradoxale et marquaient bien les territoires de la pensée et des croyances africaines qui échappaient à la colonisation, et ils étaient fort nombreux.  

            Ces grands témoins étaient lucides, et comment ne pas citer à nouveau ce qu’écrivait Delafosse dans le livre « Broussard », paru en 1922, longtemps avant le temps des indépendances, quant à la possibilité qu’une bombe explose à Dakar, comme elle avait déjà explosé dans un café d’Hanoï.

 

            L’ouverture au monde

            Aucun historien africain sérieux ne viendra contester, je pense, le fait que la colonisation française a marqué l’Afrique de l’ouest par son ouverture au monde.

            Richard-Molard avait relevé qu’un des handicaps majeurs de cette région d’Afrique était son « trop plein de continentalité ».

            Il ne fallut pas vingt ans pour que la nouvelle Afrique s’ouvre vers la côte atlantique, tourne en grande partie le dos à son économie continentale, tournée vers le désert, le bassin du Niger, une économie de traite assez anémique, grâce à: quelques ports, quelques lignes de chemin de fer, quelques milliers de kilomètres de routes, quelques lignes de navigation sur les fleuves Sénégal et Niger, et sur la lagune de Côte d’Ivoire, et la construction d’un réseau de lignes télégraphiques. Ces dernières avaient, sans doute, et en partie, rendu obsolète l’usage du tam-tam pour communiquer.

            La réorientation des circuits d’échanges humains et économiques fut une vraie révolution, même si elle ne toucha pas en profondeur, jusqu’en 1914, le fonctionnement des sociétés africaines. Tout changea avec le travail forcé que le colonisateur mit en place pour assurer les travaux d’équipement du pays, mais aussi pour fournir de la main d’œuvre à des colons.

            Il convient toutefois de noter que l’effectif des colons fut faible, sinon inexistant dans la plupart des colonies d’Afrique occidentale

            Aujourd’hui, il est de bon ton de condamner le travail forcé, alors qu’on s’était félicité d’avoir supprimé l’esclavage, mais cette forme de travail n’était pas très éloignée de celle qui était encore pratiquée dans les villages sous l’autorité des chefs, et de notre vieille servitude communale de corvées, un jour remplacée par une taxe communale. Il y eut toutefois beaucoup d’abus, qui furent condamnables, d’autant plus quand cette exploitation humaine fut mise au service de certains intérêts privés.

            La solution du travail forcé est une des contradictions de la colonisation française, une de plus. On veut moderniser, on veut civiliser, mais comme on n’en a pas les moyens, on revient à une des vieilles et bonnes méthodes du pays. En y ayant recours, la plupart des administrateurs n’avaient sans doute pas l’impression qu’ils « transgressaient » une loi morale, d’autant moins que la plupart d’entre eux avaient en mémoire les pratiques de nos corvées rurales.

 

            Quelle solution les bonnes âmes devaient-elles apporter pour financer les travaux collectifs, alors que l’impôt n’existait pas, ou quasiment pas, et que, dès 1900, la Chambre des Députés avait formellement exclu que la métropole subventionne les belles colonies dont elle s’était dotée?

 

            La réponse serait sans doute celle qui aurait aujourd’hui ma faveur : il ne fallait pas y aller ! Puisque la France n’en avait pas les moyens, que l’Afrique occidentale n’était décidemment pas un nouvel éden, et qu’au bout du compte, le motif qu’a donné le grand historien Brunschwig pour expliquer la ruée coloniale de la France, c'est-à-dire donner un exutoire au nationalisme français après la défaite de 1870, y trouvait chaque jour ses limites. D’autant plus qu’il nous détournait de la fameuse « ligne bleue des Vosges », chère entre autres à Clemenceau !

 

            Une politique coloniale inexistante et une politique indigène impossible à définir et à appliquer

            Pour qui part à la recherche de la politique coloniale de la France, au cours de la période examinée, court le risque de n’en trouver aucune.

            Les débats de la Chambre des députés qui ont entouré les expéditions du Tonkin, en 1885, et de Madagascar, en 1895, ont été on ne peut plus confus, animés souvent par des députés qui n’avaient aucune connaissance de l’outre-mer, et n’ont apporté aucune clarté sur le contenu de la politique coloniale française, au-delà des grands mots.

            Que voulait la Chambre ? Personne ne le savait vraiment, alors qu’elle hésitait toujours entre une grande politique d’assimilation, qui flattait son amour propre, alors qu’elle était irréalisable sur le terrain, et une politique d’association, mais avec quel pouvoir local, puisqu’en Afrique de l’ouest, pour citer cet exemple, on avait refusé toute coopération avec les grands souverains locaux qu’étaient Ahmadou, Samory, ou Tiéba.

            A Madagascar, lorsqu’il a été question de savoir si la France jouait le jeu de la monarchie, avec la formule du protectorat,  ou établisse une nouvelle colonie « républicaine », Gallieni imposa un choix républicain, le sien.

            Dans la pratique, les affaires coloniales étaient entre les mains des spécialistes, les experts, souvent issus de la marine ou du grand commerce maritime des ports du Havre, de Bordeaux, ou de Marseille.

 

            Quant à la politique indigène, mieux vaut ne pas trop s’interroger sur la connaissance qu’en avaient les gouvernements de la République, car ils laissèrent leurs gouverneurs et administrateurs s’en débrouiller, avec les deux ou trois outils qu’ils leur avaient procuré, les lois au gré des proconsuls qu’étaient les gouverneurs, le code de l’indigénat pour simplifier et faciliter l’administration des vastes territoires conquis, et le travail forcé des indigènes, seul capable, faute d’épargne locale suffisante, d’assurer la réalisation de grands équipements, notamment le réseau routier, une des ambitions de la république coloniale.

 

            Une exception toutefois dans le dispositif, celle des quatre communes du Sénégal, dont les habitants se virent reconnaître le statut de citoyens français grâce à l’action déterminée du député Diagne pour soutenir l’effort de guerre de Clemenceau.

            La définition d’une politique indigène était de toute façon une tâche impossible, tant étaient différentes et variées les sociétés africaines de l’Afrique de l’ouest, tant en niveau de développement, qu’en termes de mœurs, de croyances, de culture.

            Quoi de commun entre les Peuls de Bandiagara, les Malinkés de Kankan, les Baoulés ou les Gouros de Côte d’Ivoire ? Entre les ethnies islamisées du bassin du Niger ou les ethnies fétichistes de la forêt tropicale ?

 

            Delavignette notait :

« Le Gouvernement Général de l’Afrique Occidentale Française promène ses administrateurs de l’âge de pierre à l’âge du pétrole. Le danger, c’est qu’ils établissent une hiérarchie entre les différents pays et qu’ils jugent ceux de l’âge du pétrole supérieurs à ceux de l’âge de pierre. » (p,70)

            Et de noter plus loin :

            « Sur la Côte Occidentale d’Afrique vous ne vous associerez avec des anthropophages que s’ils assimilent un autre régime carné, et au Sahel vous n’assimilerez les Touareg et les Maures que si vous les fixez comme des sédentaires – et s’ils n’en meurent pas. La réalité échappe aux catégories dans lesquelles nous prétendons l’enfermer. Et ces catégories mêmes, qui paraissent claires et commodes, ne sont pas ou ne sont plus des méthodes de connaissance. Elles immobilisent l’esprit. » (p,88)

 

            Vaste programme !

            C’était dire la difficulté, sinon l’impossibilité qu’il y avait déjà à vouloir définir une politique indigène et conduire les noirs à l’assimilation proposée par des rêveurs, des idéalistes, pour ne pas dire quelquefois des menteurs, car ce n’était pas sérieux.

            Les témoignages auxquels nous avons fait appel pour mieux comprendre l’état religieux et culturel de l’Afrique ont permis de relever la somme des obstacles que la colonisation française aurait dû franchir pour avoir la prétention de construire d’autres Frances noires, sur le modèle de notre République.

            Encore, un seul exemple, comment aurait-il été possible d’organiser des élections, alors que la population n’avait pas fait l’objet d’un recensement sérieux, qu’elle était illettrée à presque 100%, et que le concept d’élection était complètement étranger au monde culturel et religieux du pays.

 

            Alors tous les discours anachroniques que l’on a l’habitude d’entendre des deux côtés de l’Atlantique sur cette République coloniale qui n’a pas tenu ses engagements de citoyenneté, de scolarisation, de développement économique, sonnent faux, à partir du moment où l’on prend le temps de se renseigner, de se documenter, pour pouvoir se former une opinion sérieuse.

            La vraie question n’est pas celle du procès qu’il est possible de faire à la France « Coloniale » ou « Colonialiste », au choix, pour avoir abusé, enfreint telle ou telle loi, ou telle ou telle promesse, mais celle d’un rêve éveillé complètement fou, celui d’une supposée civilisation denrée d’exportation, ou d’une assimilation que les bons connaisseurs de l’Afrique ont su rapidement impossible, et ce fut le cas d’un bon africaniste comme Delafosse, comme nous l’avons vu.

 

            Et pour en terminer, j’aimerais évoquer deux sujets, le premier, un instrument on ne peut plus familier aux bons petits Français d’un passé encore récent, la charrue, le deuxième, une des philosophies d’Asie, le tao.

 

            La charrue

            Pourquoi la charrue ? Parce que cela fut un bon instrument de l’approche de la société rurale africaine, une bonne pierre de touche de leur capacité de résistance et de progrès.

            Labouret, un de nos grands témoins de l’Afrique coloniale, a écrit un livre remarquable sur les « Paysans d’Afrique Occidentale », et à la fin de cet ouvrage, il évoque longuement l’emploi de la charrue, véritable instrument de progrès :

 

            « En fait, il s’agit d’amener en quelques années les sédentaires africains, possesseurs de bœufs, mais ignorant l’emploi de la roue, du stade de la culture au bâton à enfouir et à la houe à celui de la charrue. Cela suppose un dressage préalable des animaux, l’achat d’appareils nouveaux, leur emploi par les indigènes qu’il faut instruire à les utiliser, par conséquent un changement complet d’habitudes et de techniques pour des populations entières. L’exploitation du sol, basée aujourd’hui sur le nomadisme agricole, pratiqué dans un parcours donné, impose la culture extensive avec ses effets ordinaires : la possession p)lus ou moins précaire, l’existence de droits particuliers que nous avons indiqués…

            Les bœufs étant considérés par les habitants de ces pays comme une marque vivante de richesse, on imagine aisément la résistance ouverte ou sournoise, opposés à l’administration par les propriétaires de ces animaux, qui se refusent à les livrer aux instructeurs agricoles, chargés de les dresser. »

 

            Et Labouret de conclure :

            « Ces initiatives diverses ont contribué à rénover les méthodes archaïques de l’agriculture et de l’élevage, à implanter dans l’esprit des indigènes des notions nouvelles. Ils semblent acquis désormais à la technique de la charrue, mais ils ne pourront la mettre tous en œuvre avant de longues années. » (page,240)

 

            Delavignette, également bon connaisseur du paysannat noir, partageait cet avis, et rappelait :

            « En Guinée, en 1913, le gouverneur Poiret – Père de la charrue africaine – introduisit deux charrues. En 1938, l’AOF en a plus de 30 000 sans compter les herseuses et les semoirs. Et des bœufs sont dressés. Œuvre plus remarquable qu’il n’y parait. Il est plus facile d’apprendre à un Noir à conduire un camion qu’à pousser la charrue ; c’est que le bœuf n’est pas une mécanique et la vie rurale une affaire de robot. » (p.202)      

            Ces observations soulignent à juste titre l’importance des mœurs et de la culture dans la compréhension des comportements.

 

            Dans son livre « Tour du monde d’un sceptique » (1926), Aldous Huxley notait au cours de son voyage en Inde des traits de civilisation très comparables :

            A Jodhpur,

            « L’après-midi touchait à sa fin quand nous passâmes en voiture devant le palais de Justice. Les affaires quotidiennes étaient expédiées et les balayeurs étaient à l’œuvre, nettoyant tout pour le lendemain. Devant l’une des portes du bâtiment se trouvait une rangée de corbeilles à papier pleines à ras bord ; comme si c’était des mangeoires, deux ou trois taureaux  sacrés s’y approvisionnaient en mangeant lentement et majestueusement. Quand les paniers étaient vides, des mains obligeantes venaient les remplir d’une nouvelle ration de papier déchiré et barbouillé. Les taureaux continuaient à brouter : c’était un festin littéraire. » (page 79)

 

            Le tao

            Pourquoi le tao ?

            Tout d’abord parce que je pense que la philosophie asiatique du tao rend assez bien compte du mouvement du monde, d’un mouvement qui échappe le plus souvent à l’autorité de quiconque, religieuse, politique, ou culturelle, avec à sa source le moteur de changement ou de progrès, un autre âge de modernité.

            Il est possible de disserter à longueur de temps sur le colonialisme ou sur le capitalisme, ou sur le communisme qui a pour le moment disparu de la planète, car son expression chinoise ou vietnamienne est le bel habillage idéologique d’une nouvelle sorte de capitalisme.

            L’Afrique noire n’existait pas à la fin du dix -neuvième siècle, on l’ignorait, et on ne la connaissait pas. Comment était-il possible de croire qu’elle pouvait échapper au courant du monde moderne, fait à la fois de curiosité, de convoitise, mais avant tout d’une toute nouvelle puissance technologique ?

            L’Afrique noire ne risquait pas d’échapper à cette nouvelle modernité ravageuse et puissante des nouvelles technologies qui offrait à ses détenteurs, et dans tous les domaines, des bottes de sept lieues. Dans leurs premiers regards, certains africains ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, en pensant rencontrer les fantômes d’un autre monde.

            Alors, il est possible d’accuser les puissances coloniales de tous les défauts de la terre, de tous les péchés, mais le vrai problème est plutôt celui du péché de l’ignorance des mondes noirs, d’orgueil d’une nation française, venue récemment à la République, dirigée par une élite aventureuse, qui s’est voulue porteuse fantasmagorique d’un nouvel ordre colonial à la française, une France officielle qui rêvait donc toute éveillée, d’une République coloniale.

            Le rêve des « technocrates » politiques de la Troisième  République, un rêve dont se moquait bien le peuple français.

            Mais en définitive, la colonisation n’a pas eu que des effets négatifs en Afrique occidentale. Comme l’a noté Hampâté Bâ, elle a laissé une langue commune en héritage à ses peuples, qui jusque- là n’étaient pas en mesure de communiquer entre eux.

            Elle a laissé aussi un autre héritage dont personne ne parle jamais, celui d’une véritable encyclopédie écrite et illustrée de l’Afrique occidentale, dans ses âges successifs, cette Afrique que les blancs ont découverte, décrite, et souvent appréciée.

                 Jean Pierre Renaud      Tous droits réservés

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