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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 09:45

Un mariage œcuménique entre chrétiens


Dans le Pays de Montbéliard, un pèlerinage aux sources religieuses et familiales


Le mariage mixte entre chrétiens : une leçon de sagesse religieuse et aussi républicaine


 

            Ma sœur m’avait invité au mariage d’un de ses petits-fils, un mariage œcuménique qui fut concélébré par un prêtre, ami de la famille de ma sœur, et par un pasteur ami de la famille de la jeune épouse.

            Révolution incontestable des croyances et des pratiques religieuses et civiles dans le vieux pays de Montbéliard !


          A parcourir quelques-unes des routes pittoresques des premiers contreforts du Jura, rien ne semblait avoir changé, les falaises de calcaire, grises et blanches qui marquaient le haut des vallées, les forêts sombres de sapins,  encore quelques vieilles fermes corpulentes et imposantes, et pourtant une véritable révolution silencieuse avait opéré dans le paysage religieux traditionnel du Pays.

        Au début du siècle précédent, le Pays de Montbéliard était un vieux pays protestant que l’industrie automobile avait bouleversé avec « l’immigration » de salariés et d’habitants venus des plateaux chrétiens du Jura, et le positionnement dans la cité de la nouvelle église catholique construite juste au- dessus d’un des deux grands et anciens temples protestants du pays fut, en tant que tel, le symbole de ce qui fut, qu’on le dise ou non, une confrontation persistante entre les deux confessions chrétiennes.

       Il ne s’agissait heureusement plus d’une des guerres religieuses meurtrières qui ont marqué l’histoire de France, la suite des persécutions des protestants, mais d’une ambiance sourde, souterraine, d’un climat de méfiance et de mésalliance entre catholiques et protestants, qui avait l’occasion de se manifester lorsqu’un protestant manifestait son intention d’épouser une catholique, ou inversement.


        Comment mieux caractériser cette situation de guerre religieuse larvée qu’en racontant une anecdote de vie des années 1960, confiée précisément à l’occasion de ce mariage œcuménique ?

         Un des invités au mariage racontait en effet qu’en 1960, il se considérait comme un bon fidèle et bon pratiquant de l’église catholique, quand il informa le curé de sa paroisse de son intention d’épouser une jeune fille de religion protestante.

       Le curé manifesta sa vive opposition et l’informa que dans ce cas il serait exclu de la communauté catholique, ce qui fut fait lorsqu’il épousa effectivement la jeune fille protestante. Il fut également et définitivement chassé de sa famille par ses parents

        Une sorte de bannissement comme il en exista dans le passé, dans certains pays, et dans certaines cultures l


       Comment ne pas effectuer un rapprochement avec la situation actuelle du pays de Montbéliard qui voit la coexistence entre les religions anciennes du pays et la religion nouvelle que constitue l’Islam, alors que dans un passé proche les communautés chrétiennes partageant un grand nombre de convictions religieuses avaient tant de peine à dialoguer et à s’accorder ?

         Les descendants du vieux pays de Montbéliard me paraissent donc tout à fait habilités à mettre en garde les défenseurs de tel ou tel culte, ancien ou nouveau, de rallumer les braises de nos vielles guerres religieuses que la loi de séparation des églises et de l’Etat de 1905, avec l’instauration du principe de laïcité, a eu bien du mal à éteindre.


        Dois-je rappeler qu’en 1905-1906, mon grand-père paternel fut un des animateurs de la rébellion des fidèles du Russey contre les inventaires imposés par l’Etat dans les églises, et qu’à ce titre ou mérite, il fit quinze jours de prison à Montbéliard.


     Et pour terminer avec un autre brin de sagesse républicaine à propos de notre beau  mille-feuille administratif !


        Il y a bien longtemps que je ne m’étais pas aventuré dans le lacis des routes et des rues qui s’entrecroisent dans le pays de Montbéliard, sans savoir dans quelle commune je me trouvais à un moment ou à un autre, tellement les communes du pays sont toutes imbriquées les unes dans les autres.

        Je me demandais si les maires avaient véritablement le moyen de savoir, en circulant, sur le territoire de quelle commune ils se trouvaient.

       

        A qui fera-t-on croire qu’il ne serait pas possible de simplifier la carte administrative sans porter atteinte à la démocratie et au service public qu’attendent à juste titre les administrés ?

    

      Pour connaître d’autres situations géographiques et administratives, le même type de réflexion concernerait l’ensemble départemental et communal de Belfort-Montbéliard, les agglomérations de Vesoul, d’Alençon ou du Mans…


      Jean Pierre Renaud, le 18 juillet 2014, à Paris

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