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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 20:14

Polygamie, Polyamour: Bonne Fête Maman! Fête des Mères du 30 mai 2010

 

Polygamie ou polyamours ? le Monde Magazine du 17 avril 2010 et « faits de polygamie » à Nantes, le Monde du 13 mai 2010

Quels rapports ? Oserais-je dire !

 

Explication de textes, de droit et de philosophie sociale

 

            « Faits de polygamie » à Nantes (le Monde du 13 mai 2010) : je cite une des réponses publiques du polygame supposé et incriminé : « si l’on est déchoué (sic)  de la nationalité française parce que l’on a des maîtresses alors beaucoup de Français peuvent l’être ».

            Peut-être le Monde Magazine du 17 avril 2010, apportait-il une première réponse et a-t-il rassuré par avance la personne interviewée, puisqu’il publiait un article fort bien documenté, intitulé :

            « Une nouvelle façon d’aimer fait des adeptes

            A vos polyamours, qu’ils durent toujours !

            Vivre plusieurs relations amoureuses en même temps, au vu et au su de chacun des partenaires – mieux en harmonie. C’est le polyamour, venu de Californie. Compliqué à gérer, mais tellement gratifiant. »

            Tellement gratifiant pour notre journal de référence qui se risque à présent sur un terrain qui était plutôt celui de Libé ? J’ajouterais que les Français ne sont pas obligés de « polyamourer » tout ce qui nous vient des USA !

            La polygamie

            La polygamie, dans les sociétés et religions où on la pratique, en Asie, au Moyen Orient et en Afrique, est un statut hybride qui mélange religion, droit de la famille, statut social, et condition dépendante, pour ne pas dire inférieure, de la femme, c'est-à-dire des épouses multiples.

            La polygamie est condamnée par le droit français, mais il faut rappeler que la France, en tant que puissance coloniale, a toujours été aux prises avec cette coutume bien enracinée dans certaines sociétés coloniales, et qu’après 1945, avec la mise en application d’un début de droit familial dans les colonies, les pouvoirs publics ont été confrontés à la gestion compliquée des avantages sociaux en cas de polygamie.

            La polygamie des années 50

            Comment ne pas recommander aux lecteurs curieux  la lecture d’un livre bien documenté, même s’il date sans doute un peu, puisqu’il a été publié en 1953, intitulé « La condition humaine en Afrique noire », par Sœur Marie-André du Sacré Cœur.

            Elle n’avait rien d’une « grenouille de bénitier » !

            Dans son chapitre VI intitulé « Polygamie et monogamie », elle traçait le portrait des situations matrimoniales dans l’Afrique noire des années 50.

            La polygamie ne régnait pas sur tout le territoire, mais là où elle existait et était répandue, elle déséquilibrait complètement les sociétés, les riches et les puissants s’arrogeant un nombre de femmes qui en privaient les plus jeunes et les plus pauvres, parents ou non.

            L’auteur citait les statistiques démographiques de l’AOF et écrivait :

            « Devant ces chiffres, on comprend facilement que, si un chef de village prend 20 épouses, 19 de ses sujets devront s’en passer ; et si 50 polygames ont chacun 3 femmes, 100 de leurs compatriotes resteront célibataires.. p.116)

            Et à la page suivante, elle donnait de multiples exemples des effets de la polygamie en Haute Volta (aujourd’hui Burkina Fasso) :

            « C’est en Haute Volta, un village de 700 habitants ; le chef de village a 4 femmes, 6 enfants, 2 fiancées de 15 et 14 ans ; mais ses 4 frères, âgés de 38, 30, 28 et 27 ans, sont célibataires…(p.117) 

            L’auteur notait par ailleurs, et cette remarque éclaire notre débat :

            « Cette polygamie a été favorisée, chez les fonctionnaires, par la façon dont leur sont attribuées les prestations familiales… Transposer en Afrique les allocations familiales, telles qu’elles existent en Europe, et les verser au mari polygame, c’est accorder à celui-ci un supplément de salaire qu’il garde – comme d’ailleurs son salaire initial – pour son usage individuel, puisque chaque femme assume la charge de ses propres enfants. On pourrait citer de nombreux exemples ; contentons-nous de quelques uns.

            « Tel infirmier dahoméen a huit épouses, qui toutes font du commerce pour élever leurs enfants (vingt cinq en tout). Lui garde tout son salaire et ses allocations familiales ; il vit très largement, invite ses amis, les traite royalement… (p.125, 126) »

            Comment défendre la polygamie ?

            L’interviewé de Nantes avance, pour sa défense supposée, les maîtresses des Français, et il est vrai que le Monde Magazine viendrait lui donner quelques arguments.

            Les Polyamours

            Sans entrer dans le champ de la sphère de la vie privée,  il faut tout de même souligner que ce type de pratique n’est pas contraire aux droits et libertés de nos sociétés, ne met pas en cause les principes d’égalité entre les hommes et les femmes, ne réduit pas la femme ou l’homme à une nouvelle situation d’esclavage moderne, en tout cas sur le plan civil.

            Alors que penser de l’objection citée plus haut ? Il s’agit purement et simplement d’une forme de subversion politique et juridique, de notre droit, en tout cas, sans se prononcer sur une subversion éventuelle de l’ordre socio-religieux que l’interviewé parait défendre.

            Il est évident que les deux phénomènes sociaux n’ont rien à voir entre eux, et qu’en  tout état de cause la polygamie est proscrite par notre droit, et il en est bien ainsi.

            Et aux chercheurs modernes de nous dire si la polygamie moderne n’a pas conservé sa caractéristique traditionnelle de « merchandising », et de compensation patrimoniale, grâce à la dot.

            Jean Pierre Renaud

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