Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 10:40

Les Postcolonial Studies : un nouveau mythe ?

 

Ma fréquentation de la littérature et de l’histoire coloniales m’a évidemment conduit à m’interroger sur la signification de cette expression anglo-saxonne qui parait très en faveur dans certains milieux intellectuels français comme étrangers.

Je me suis donc décidé à lire et à annoter deux ouvrages qui sont considérés comme ceux de deux maîtres à penser des études postcoloniales, souvent cités dans ces milieux, le premier déjà ancien, « L’Orientalisme » de M.Said (1978) et le deuxième, plus récent « Le Colonialisme en question »  de M.Cooper (2005).

Et j’ai fait appel aux lumières d’un vieil ami d’études qui a effectué toute sa carrière outre-mer, en Asie et en Afrique.

            Dans son livre, M.Cooper écrit :

« La complaisance des historiens vis-à-vis des frontières européennes de leur discipline s’est trouvée ébranlée par l’Orientalisme, d’Edward Said (1978). Said a montré que certaines visions des sociétés asiatiques sont profondément ancrées dans la littérature européenne canonique. La colonisation ne se déroulait plus là-bas, dans des contrées exotiques, mais au cœur de la culture européenne. (page 24) »

            Deux observations sur ce texte : 1) M.Said a concentré toute son analyse sur le  Moyen Orient, avec une faible attention sur l’Asie. 2) « Complaisance des historiens » : est-ce si sûr ?

            Dans le courant du quatrième trimestre de l’année 2010, nous proposerons aux lecteurs intéressés une lecture critique de ces deux ouvrages, mais esquissons un premier cadrage.

Est-ce que l’expression utilisée, ambigüe, ne recèle pas déjà un sens idéologique, le colonial produisant toujours ses effets ? Mais de quel colonial parle-t-on ?

Le petit livre intitulé  « Les mots de la Colonisation » parait donner une bonne définition de ce type de recherche.

Il situe l’émergence de ces études aux Etats Unis, dans les années 1970, avec l’objectif de « briser les cadres occidentaux de représentation du monde, hérités de la période coloniale » (page 93). Le même livre évoque ensuite l’apparition des subaltern studies indiennes, pour travailler sur les représentations des catégories dominées.

En France, des historiens sérieux ont justement reproché à ces analyses, d’être effectuées « au détriment de l’ancrage des travaux dans une réalité historique ou sociologique concrète… page 94)».

Nous verrons qu’effectivement ces travaux, qui sont difficiles à classer dans une catégorie précise de pensée, manquent singulièrement d’« ancrage » géographique et chronologique, outre le fait que leurs discours se développent dans un univers qualitatif, et absolument pas quantitatif.

En France, ce type de recherche a été aussitôt exploité par des groupes d’intellectuels comme un thème politique d’explication d’une partie des problèmes que le pays rencontre avec ses populations d’origine immigrée, avec l’intervention des « stéréotypes », de la « mémoire collective », et pour faire bonne mesure de « l’inconscient collectif ».

Jean Pierre Renaud

Partager cet article

Repost 0
Published by pas de pseudo - dans Histoire
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de eh-tique-media-tique.over-blog.com
  • : Faire partager les réactions de bon sens d'un citoyen et "honnête homme" du vingt et unième siècle, sur l'actualité du jour, face aux dérives des médias, aux discours politiques ou économiques tendancieux, aux images tronquées ou truquées, aux articles ou livres suspects d'idéologie, notamment pour tout ce qui touche à l'histoire coloniale.
  • Contact

Recherche

Catégories

Liens