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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 09:35

Troisième épisode (suite)

Histoire ou mémoires ?

Benjamin Stora

Qu’est-ce qui fait courir Monsieur Stora ?

« Les raisins verts »

&

            Question ? « ponts » ou « guerre » ? Comment distinguer entre mémoire et histoire avec un discours aussi ambigu ? Alors que les histoires ont déjà bien du mal à se faire un chemin face au flot des mémoires ? Lesquelles se vendent bien !

         Comment s’y retrouver dans le méli-mélo actuel des mémoires auxquelles certains historiens semblent de nos jours accorder au moins autant de crédit qu’à l’histoire dont ils sont comptables sur le terrain des sciences humaines ?

       Médias, mémoire, histoire, ou politique ? Certains ont plus que l’impression que Monsieur Stora bénéficie d’un privilège d’accès auprès des médias encore imprégnés par un courant intellectuel issu de la matrice algérienne ou maghrébine, un courant fort bien décrit et identifié par l’historien Pierre Vermeren dans son ouvrage «Le choc des décolonisations».

            J’ai relevé un exemple récent à ce sujet : le journal le Monde a publié les 10 et 11 juillet 2016, une tribune intitulée « Les têtes des résistants algériens n’ont rien à faire au Musée de l’Homme », cosignée par Monsieur Stora, aux côtés de dix-huit intellectuels ou chercheurs.

         J’ai commenté cette prise de position sur mon blog, le 1er septembre 2016, en l’intitulant : « Histoire ou politique ? ». A cette date, en 1849, l’Algérie existait-elle ? La vraie question historique !

          Un discours mémoriel qui  alimente tout un courant de repentance et d’autoflagellation de notre histoire nationale, et dans la conjoncture politique passée et présente de notre pays, avec les menaces du djihad, ce type de discours n’est pas sans danger.

            Quelques-uns de ses jugements à l’emporte-pièce fleurent bon la psychanalyse « la perte de l’empire colonial a été une grande blessure narcissique du nationalisme français. - « refoulement de la question coloniale »- « une mémoire qui saigne ».

            Trois historiens ont publié en 2008 un petit livre intitulé « Les mots de la colonisation », Sophie Dulucq, Jean-François Klein et Benjamin Stora.

            J’ai publié sur le blog Etudes coloniales mon analyse de l’ouvrage. Je viens de relire le texte consacré au mot « Violence », et je suis un peu surpris par une partie de son contenu, lorsqu’il est écrit :

     « Certes non, l’urgence pour l’historien n’est pas tant d’intervenir avec Daniel Lefeuvre dans le débat public « Pour en finir avec la repentance coloniale » (2006) que d’analyser sereinement avec Benjamin Stora et Thierry Leclère la guerre des mémoires (2007), qui fait rage en France quant à la relecture du passé colonial. Violente, la colonisation le fut incontestablement… Cette violence n’en reste pas moins une tache indélébile sur l’histoire nationale. » (p,120)

        Comment est-il possible d’écrire une guerre des mémoires  qui « fait rage » sans la mesurer ? A Aix en Provence peut être !

        Comment écrire également que Benjamin Stora contribue à une analyse sereine, alors qu’il est depuis longtemps un des acteurs médiatiques du sujet, précisément « dans le débat public » ? Une sorte d’agit-prop mémorielle ?

      Comment enfin ne pas voir la contradiction conceptuelle existant entre le déni de la repentance en même temps que la « tache indélébile sur notre histoire » ?

      Le discours mémoriel de Monsieur Stora n’a jamais fait l’objet d’une évaluation scientifique, alors que chaque jour tombent les résultats d’enquêtes ou de sondages sur toutes sortes de sujets.

       Ce type de discours mémoriel ressemble étrangement à celui qu’un collectif d’historiens croit pouvoir tenir sur la culture coloniale ou impériale de la France, sans en avoir fait la démonstration statistique, ne serait-ce qu’en décortiquant la presse des époques considérées, à peu près le seul vecteur dont les messages sont susceptibles d’être à la fois accessibles et mesurables.

            La question capitale que pose ce type de discours et de message est celle de savoir si le fait d’être un historien suffit à accréditer le pertinence scientifique de son discours mémoriel.

       Il n’est pas interdit d’en douter sur le plan intellectuel.

       Son ambition est peut-être celle de devenir un des nouveaux maîtres à penser de notre histoire de France, à voir le concours qu’il trouve auprès de certains chercheurs, et si tel est le cas, il y a lieu de s’en inquiéter.

            Ne s’agit-il pas en effet presque toujours de chercheurs qui peignent toujours en noir notre histoire nationale ? Leur travail consiste toujours à mettre le projecteur sur les saloperies, les exactions, sans toujours être honnête intellectuellement avec leur contexte historique ?

            Ils vont finir par nous faire croire que les membres du FLN étaient tous des petits saints et les soldats français de la soi-disant armée « coloniale » tous des brutes assoiffées de sang !

            Un exemple, celui de la torture pendant la guerre d’Algérie ! Pour en avoir été un des modestes acteurs de cette guerre, au service de la France et de l’Algérie, de la guerre et non de la torture, combien de soldats, de sous-officiers, ou d’officiers ont été témoins de la torture, ou ont eux-mêmes torturé ?

          Et en face d’eux, les rebelles du FLN étaient des anges ? Ils ne torturaient pas, ils n’égorgeaient pas ? Et pire encore après les accords d’Evian ? Et récemment encore dans les années 1990 ?

         La  France n’aurait jamais fait rien de bien dans son domaine colonial, même en Algérie, alors que  la situation de l’Algérie avait étonné le président Nasser, lors de sa visite de mai 1963.

            Pour conclure, pourquoi ne pas écrire ? Trop de médias ! Trop de mémoire ! Trop de politique !

            Au risque de donner du grain à moudre à tous ces couples de mot toxiques, tels que indépendance-assistance, culpabilité-réparation, péché- repentance… des couples de mot toxiques que certains peuples d’Afrique semblent bien aimer, à la différence des peuples d’Asie !

            N’y-a-t-il pas dans ces exercices de mémoire « coloniale » ou « postcoloniale » une forme d’usurpation d’une partie de notre histoire nationale, une sorte de contrefaçon historique ?

            N’y-aurait-il pas plutôt un transfert de mémoire qui ne dit pas son nom, une mémoire repentante de tous les intellectuels français issus de la matrice algérienne, une mémoire qui s’inscrit parfaitement dans l’héritage des Prophètes de la Bible, celle des « raisins verts des pères » :

            Le Prophète Jérémie 31-29

         « En ces jours-là, on ne dira plus :

            Les pères ont mangé des raisins verts,

            Et les dents des enfants en ont été agacées.

            Mais chacun mourra pour sa propre iniquité ;

           Tout homme qui mangera des raisins verts,

           Ses dents en seront agacées. »

            Le Prophète Ezechiel 18 :

            « Pourquoi dites-vous ce proverbe dans le pays d’Israël : Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en ont été agacées »

            Pourquoi donc tous les petits français du contingent auraient-ils les dents agacées alors que leurs pères n’ont pas mangé les raisins verts de l’Algérie française ?

                 Jean Pierre Renaud

 

 

 

 

 

 

 

 

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