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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 14:45

 

Synthèse critique

Deuxième partie

 

V – Histoire servile ou histoire méthodique ? Entre « pouvoir » et « savoir » ?

           De quelle histoire parlons-nous ? De l’histoire dite « méthodique », celle de Marc Bloch et de Charles Péguy, ou de l’histoire « servile », aux ordres de quel maître ?

        Les analyses fort intéressantes du sujet que propose l’historien Sudhir Hazareesingh, dans le livre déjà cité, ont le mérite d’en montrer toute la relativité historique.

       Les relations entre savoir et pouvoir ? Ont-elles vraiment changé au cours des siècles ?

           Cette question soulève beaucoup d’autres questions, relatives à l’identité des historiens amateurs pionniers de toutes origines, de tous niveaux, et de toute nature, tous ceux qui ont nourri le premier courant de l’histoire coloniale, d’un objet qui n’existait pas, ceci jusque dans les années 1920, et à l’identité des historiens professionnels, venus plus tard,  lesquels ne se bousculaient pas pour faire vivre une histoire qu’ils méprisaient.

            Comment ne pas faire remarquer qu’il fallut attendre l’après-guerre mondial des années 1945, pour que des historiens de bonne réputation en métropole s’intéressent à ce domaine historique, souvent d’ailleurs, dans la mouvance marxiste d’un des nouveaux courants de l’histoire alors très en vogue ? Un courant historique qui n’œuvrait naturellement pas en pleine neutralité idéologique, en dehors de toute « servilité ».

         Revenons donc au texte de Sudhir Hazareesingh dans son chapitre 9 intitulé « De l’horrible danger de l’histoire » (p, 310)

        L’auteur consacre les premières pages aux historiens qui ont animé une grande partie du dix-neuvième siècle, les Thiers, Guizot, Tocqueville, Rémusat et Michelet.

        A propos de Guizot : « L’historien est considéré comme un guérisseur et un oracle dont le rôle est de révéler les origines et la continuité essentielle de la nation française, ainsi que sa destinée ultime. » (p,314)

        « Fondamentalement, Guizot considère que c’est la bourgeoisie qui est le moteur du progrès social et de l’unification nationale, autant qu’elle a valorisé le travail que parce qu’elle a mené le combat contre la féodalité » (p,315)

      « Dès l’origine, l’écriture de l’histoire en France a présenté les caractéristiques générales de la pensée française : un penchant pour les grands schémas. » (p,317)

       « Visions républicaines » (p,319)

      « L’homme qui incarne au plus haut degré cette conception pédagogique de l’histoire est Jules Michelet, le plus grand des historiens modernes français »

        « Le leitmotiv de l’œuvre de Michelet est de chercher à démontrer que le principal moteur de l’histoire de France a été le peuple… une conception essentiellement spirituelle du peuple français »

      « Les historiens républicains se sont également mis à l’école de Michelet, pour écrire des histoires « populaires »…(p,322)

          « A cet égard, l’histoire républicaine n’est pas moins idéologique que la tradition libérale qui l’avait précédée » (p,323)

        « Le mode de pensée des historiens républicains présentait néanmoins un certain nombre de traits communs avec celui de leurs prédécesseurs libéraux… L’élaboration d’un récit national facteur de cohésion » ;

     « Une histoire plus scientifique «  (p,324)

      « Etre qualifié de « scientifique » constitue désormais l’hommage suprême de tout historien »

             « Sous l’influence de Charles-Victor Langlois et de Charles Seignobos, l’Histoire devient la chasse gardée de spécialistes professionnels, une corporation qui établit son camp de base dans les universités et qui applique des règles méthodiques et des pratiques sui lui sont propres : publication de revues, usage rigoureux des sources, refus des effets de rhétorique et recherche de l’«objectivité». Pour autant, s’ils saluent l’idéal d’une histoire débarrassée de la « métaphysique », les travaux de cette historiographie positiviste (et notamment l’Introduction aux études historiques publié par Langlois et Seignobos en 1897) ne marquent pas de coupure intellectuelle ou méthodologique radicale avec les traditions précédentes – en particulier leur vision du passé continue d’être influencée par des considérations idéologiques et parce qu’ils restent fidèles à la conviction républicaine que l’histoire doit former les citoyens et nourrir un sentiment d’identité collective. Ce n’est qu’en 1929 qu’interviendra la rupture avec ces deux présupposés, lorsque Marc Bloch et Lucien Febvre fonderont la revue qui lancera la nouvelle école historiographique destinée à dominer le travail de trois générations d’historien – Annales. 

       Les fondateurs de l’école des Annales rejettent l’histoire pédagogique, centrée sur la nation, alors hégémonique à l’université – l’Histoire telle que la pratique la tradition positiviste. Avec la brutalité d’un hérétique menant la charge contre les bastions de l’orthodoxie, Febvre assène son opinion : « Une histoire qui sert, c’est une histoire serve. »

     …  De fait, la production des Annales marquera une réorientation significative des sujets d’étude. La France cessera d’être le sujet privilégié (entre 1965 et 1984, elle représentera moins du tiers des articles publiés dans la revue)» (p,326)

      Si cette analyse historique est pertinente, les deux dates soulignées marquent une chronologie un peu différente de celle retenue par l’auteure, et en particulier, alors que cette dernière intitule son chapitre 6 « De l’essoufflement au renouveau (Années 1930-années 1950) », 1930, la date à laquelle les historiens métropolitains disent vouloir rompre avec « l’histoire serve ».

       « Pour répondre à ses ambitions scientifiques, l’histoire pratiquée par les Annales prend également une tournure quantitative, comme en témoignent les travaux d’Ernest Labrousse sur l’évolution des prix au XVIII° siècle, qui ont permis de jeter un regard nouveau sur les origines économiques de la Révolution. » (p,327)

          La deuxième guerre mondiale a sérieusement ébranlé ce type de discours historique, avec pour résultat :

        «  L’ambition louable de remettre une dimension  critique dans l’écriture de l’Histoire est progressivement remplacée par les impératifs professionnels d’un groupe qui part à la conquête des institutions universitaires, imposant son hégémonie à la sixième section de l’Ecole Pratique des hautes études, laquelle prend le nom en 1975 d’Ecole des hautes études en sciences sociales. La revue Annales devient, paradoxalement, la nouvelle orthodoxie, ce qui rend les dites institutions de plus en plus vulnérables au risque de sclérose ou, pour reprendre l’euphémisme » de Pierre Bourdieu « l’écart ne cesse de croître entre le niveau d’aspiration et le niveau d’accomplissement. » (p,328,329)

      Seuls les spécialistes du sujet sont à même de juger de la pertinence de ces appréciations historiques, mais elles ont au moins le mérite de beaucoup relativiser les appréciations comparées qui peuvent être portées sur l’Histoire coloniale, ses objets, son évolution, sa « servilité ».

         Le même auteur analyse ensuite un sujet qui pourrait ouvrir de nouvelles perspectives de comparaison entre l’écriture de l’histoire à l’époque coloniale et l’écriture de l’histoire à l’époque postcoloniale, et poser la question de savoir s’il existe encore une Histoire.

        « Mémoire et roman national » (p,334)

      « La plus grande crainte du général de Gaulle, celle qu’il a passé sa vie à exorciser, était que la destinée historique de la nation ne vienne à s’éteindre. Or, soudainement, depuis la fin des années 1980, ce cauchemar semble être devenu une terrible réalité. Le recul idéologique de la gauche en France, suivi de l’effondrement du communisme en Europe, a marqué la fin d’un long cycle d’optimisme historique qui avait débuté dans les années 1820 – la fin d’un rêve successivement porté par les sphères progressistes, les pédagogues républicains et les eschatologistes marxistes. » (p,334)

« … Ce sentiment d’anomie se communique à la communauté des historiens : écrasés par le poids (et l’incohérence) de leurs ambitions et atteints de toutes parts par les attaques contre leurs prétentions scientifiques, les quelques historiens des Annales survivants reconnaissent sans peine leur « désorientation », Sans avenir radieux à contempler, dotée comme seule perspective d’un « éternel présent », l’Histoire en France est officiellement déclarée en crise. »

      « A certains  égards, ce moment de désarroi a été une bénédiction puisqu’il a permis d’ouvrir de nouvelles pistes de recherche jusque-là négligées ou marginalisées à l’université : la période de Vichy, le Second Empire, les colonies françaises (notamment l’Algérie) et l’histoire des femmes. » (p,335)

      « A partir des années 1980 se développe une histoire culturelle, un champ d’investigation toujours plus riche et diversifié… L’analyse abandonne l’ «Histoire totale » pour s’attacher à la construction d’une réalité sociale révélée par des objets culturels, des codes symboliques et des mentalités collectives – le concept clef étant désormais la « représentation ». (p336)

          « Enfin Pierre Nora vint !... », et la célébration de lieux de mémoire, au risque de ne plus distinguer entre mémoire et histoire !

          « Lieux de mémoire, une somme de sept volumes éditée sous la direction de Pierre Nora, a profondément remodelé le paysage de l’Histoire de France dans les années 1980 et au début des années 1990. L’historien a conçu ce projet comme la redécouverte d’un héritage perdu, la réhabilitation du sentiment d’appartenance collectif français qui (selon lui) a été brisé par l’émergence de loyautés partisanes fondées sur des critères régionaux, religieux ou ethniques : « Ce que l’on appelle en France « mémoire nationale » n’est autre que la transformation de (la) mémoire historique de fond par l’invasion, la subversion, la submersion des mémoires de groupe. »  (p337)

        « Lieux de mémoire offre à la nation une nouvelle téléologie : la célébration de la république comme horizon indépassable du présent ou, selon la formule féroce, mais non dénuée de vérité, de l’historien Perry Anderson, d’une « union sucrée, dans laquelle les divisions et les discordes de la société française fondent et disparaissent dans les rituels compatissants de la mémoire postmoderne ».(p,338)

        « Malgré ses limites, le projet de Nora d’ancrer la mémoire au cœur de l’Histoire a prouvé, une fois de plus, que les Français savent faire preuve d’originalité intellectuelle et qu’ils conservent un amour intact pour les grands schémas holistiques ou chacun peut être interprété comme le reflet du tout (accentué ici d’un je ne sais quoi, dans la mesure où Nora ne donne jamais au lecteur une définition claire de ce qu’il entend par mémoire. » (p,338)

        A lire les différentes présentations ou commentaires de Nora dans les sept livres publiés composés de contributions à la fois fort savantes et éclairantes sur les lieux de mémoire choisis, on ne peut manquer d’adhérer au propos de l’historien François Hartoog, la « vague mémorielle »  a peu à peu envahi, recouvert le territoire de l’Histoire », au point de poser la question de savoir en définitive ce qui est mémoire et ce qui est histoire, car le propos de Pierre Nora, souvent brillant, semble souvent relever du domaine littéraire. « des objets en abîme » (p,XXXVII)

            A  lire en effet la présentation de la somme en question, le texte intitulé « Entre Mémoire et Histoire, la problématique des lieux », deux textes qui ouvrent le tome 1 « La République », le lecteur, même informé, est susceptible d’y perdre son latin, pris dans un jeu de paradoxes et d’affirmations capitales sur la mémoire et l’histoire, sans que jamais les deux concepts, et avant tout celui de l’histoire ne soit jamais défini.

          « L’intérêt pour les lieux où s’ancre, se condense et s’exprime la capital épuisé de notre mémoire collective relève de cette sensibilité-là. Histoire, profondeur d’une époque arrachée à sa profondeur, roman vrai d’une époque sans vrai roman. Mémoire, promue au centre de l’histoire : c’est le deuil éclatant de la littérature. » (p, XLII)

           Ne s’agit-il pas tout autant du « deuil » de l’histoire dite méthodique, étant donné qu’il était alors possible de mettre en jeu le choix de ces lieux de mémoire choisis : pourquoi ne pas avoir interrogé la population française pour savoir quels étaient ses lieux de mémoire, à la date de ces écritures, pourquoi ? Comment les classait-elle les uns par rapport aux autres ? Et faire appel à la critique historique pour évaluer le bien- fondé de ces choix.

    Des lieux de mémoire pour qui ?

     L’historien poursuit son bilan :

     « Depuis le début du XIXème siècle, l’historiographie française a donc subi des transformations majeures : l’âge de la prophétie libérale a cédé la place à la pédagogie républicaine, qui a été délogée à son tour, par les préoccupations « scientifiques » des Annales au milieu du XXème siècle. L’implosion chaotique de cette dernière école  a laissé le champ libre à la consécration du mémorialiste contemporain. » (p,340)

     « En ce sens, des premiers romans historiques à l’œuvre de Pierre Nora, en passant par Michelet et les historiens républicains, l’histoire de France n’a été qu’une longue « fable » racontant comment le peuple accomplit sa destinée collective en surmontant, selon le mot du général de Gaulle, « l’antique propension française à se disperser en tendances verbeuses. » (p,341)

       Ces recoupements et ces convergences n’ont rien de fortuit. Pendant toute l’ère moderne, les « écoles » historiographiques françaises se sont constituées au sein de coteries extrêmement homogènes, toutes issues d’un petit groupe d’institutions parisiennes  élitistes : la Sorbonne, le Collège de France, l’Ecole normale supérieure, l’Académie française et, plus récemment l’Ecole pratique des hautes études, la Maison des sciences de l’homme et l’Institut des études politiques. L’extrême proximité de ces élites avec le siège du pouvoir politique a également influencé les horizons de la recherche historique de façon ouverte ou occulte… L’idée fixe des historiens libéraux, écrire un nouveau récit national…De même l’historiographie pédagogique des républicains… La méthode des historiens des Annales, férus de statistiques et d’études quantitatives, reflétait les ambitions technocratiques de l’Etat français… » (p,341)

      « Enfin, la nostalgie républicaine qui imprègne « Lieux de mémoire » a été l’expression d’une renaissance dans tous les domaines, du néo-républicanisme qui a marqué les années 1980… La connivence intellectuelle entre élites politiques et universitaires explique également en partie la manie qu’ont les hommes politiques français de vouloir publier des travaux historiques sous leur nom – voire, pour certains de se donner le mal de les écrire eux-mêmes.

     L’autre trait commun à toutes ces écoles historiographiques modernes, c’est leur fascination pour l’identité nationale. Cette tendance « gallo centrique» se manifeste dans les sujets traités… »(p,342) 

     « La longévité de ce thème patriotique s’explique par un facteur prépondérant : l’expérience de la guerre…

      La question qui subsiste est de savoir combien de temps ce style historiographique introspectif et replié sur lui-même peut survivre à un moment où la France est devenue un acteur de moindre importance sur la scène internationale… Jean- François Sirinelli fait sombrement observer que l’influence globale des historiens français est en diminution constante… Il en conclut que l’Histoire en France est menacée de « nécrose »…(p,344)

       Résultat des courses ? Une « vague mémorielle » déjà évoquée qui permettrait à presque n’importe qui d’ériger sa mémoire en histoire.

         Cette analyse ouvre donc un très large débat, en tout cas, pour les spécialistes, mais il a aussi le mérite de beaucoup relativiser la lecture qui peut être faite de l’écriture de l’histoire à l’époque coloniale, tant l’Histoire de la France elle-même a toujours rencontré beaucoup d’obstacles de toute nature pour échapper à « l’horrible danger de l’histoire ».

     Est-ce que les récits marquaient plus que ceux des mémorialistes ou historiens de métropole, une servilité à l’égard du pouvoir colonial ? Ceux très nombreux des officiers, administrateurs, explorateurs, hommes de sciences, ou voyageurs, qui ont largement noirci les pages de la Revue « Le Tour du Monde », par exemple ? Rien n’est moins sûr !

        Les chercheurs postcoloniaux des terres anciennement colonisées devraient être bien contents de disposer de témoignages même imparfaits datant de la période coloniale, alors que dans l’immense majorité des situations coloniales l’objet « histoire » existait moins encore.

     A voir ce qui se passe en Algérie, il parait tout à fait douteux que son Histoire soit moins « servile » qu’avant son indépendance, et que les histoires ou mémoires construites qui sont déployées par certains de nos intellectuels nourris au lait de la matrice maghrébine et algérienne le soient moins que l’histoire coloniale elle-même.

      A lire ce type d’analyse, la discussion sur les relations incestueuses entre pouvoir et savoir pourrait relever d’une discussion sur le sexe des anges de l’histoire, comme si dans toute histoire, le pouvoir n’avait pas tenté de contrôler le savoir, au moins autant dans les sociétés communistes du vingtième siècle que dans les sociétés religieuses ou laïques du XIXème siècle pour ne pas remonter plus loin.

     De nos jours, il s’agit d’un contrôle plus subtil exercé par des groupes de pression français ou étrangers, de type idéologique, politique, financier, ou tout bonnement éditorial, c’est-à-dire le marché.

      Est-ce qu’en effet certaines maisons d’édition ne cultivent pas à la fois les modes du jour et les diffusions rentables, tout en étant quelquefois affiliées à des lobbys d’origine étrangère, dans le cas de l’histoire coloniale ?

VI - Le terrain

           Pour avoir repris la lecture de récits coloniaux depuis une dizaine d’années, beaucoup plus que les constructions historiographiques qui en auraient été faites, je conseillerais volontiers à certains chercheurs de lire tous les récits qui ont été rédigés par les explorateurs, les officiers, les administrateurs, dont beaucoup ont été publiés dans la revue « Le Tour du Monde », ou dans les très nombreux livres qu’ils ont publiés.

           Quelques échantillons seulement d’une littérature qui ne fut pas que celle des batailles, de la pacotille, ou de l’adoration des maîtres de la colonisation :

       Hocquard, le médecin de marine, sur son séjour au Tonkin

          Marie Etienne Péroz, lors de son séjour à la cour de l’Almamy Samory, à Bissandougou, sur le Niger ou au Tonkin dans sa lutte contre le Dé-Thâm.

      Gallieni au Tonkin, lors de sa rencontre avec le maréchal chinois Sou.

         Lyautey, dans sa description d’Hanoï.

          Pour ne pas parler du docteur Emily lors de la mission Marchand vers Fachoda, ou de celle de Baratier, etc…

          Au terme de cette synthèse, comme je l’ai déjà indiqué, et afin de pouvoir porter un jugement sur l’écriture de l’histoire à l’époque coloniale, pourquoi ne pas faire appel à une méthode de travail qui conduirait à l’examen, au cas par cas, source par source, de chacune de ces écritures coloniales en fonction d’une situation coloniale déterminée, avec la confrontation des sources anciennes (écrites ou orales), des interprétations coloniales ou postcoloniales qu’elles ont suscité sur leurs lieux d’origine, en France, ou à l’étranger ?

        En résumé, il s’agit évidemment d’un gros travail d’historien, mais dont le fil conducteur parait très souvent hésiter entre les réalités de l’histoire coloniale non « méthodique » et les interprétations supposées être ou ne pas être « méthodiques ».

      Je serais tenté de conclure, ou que les objectifs d’un tel travail étaient trop ambitieux, compte tenu de la très grande complexité du sujet, ou que son auteure a peut-être eu de la peine à échapper à l'influence d’anciens maîtres  à penser.

     Sur ce type de sujet, seules des études de cas, à « l’anglaise » permettraient d’y voir plus clair.

      La lecture du petit livre « L’historiographie » de Nicolas Offenstadt montre en tout cas, et peut-être encore plus qu’auparavant, qu’il devient de plus en plus difficile de savoir ce qui est histoire et ce qui ne l’est pas.

        Madame Coquery-Vidrovitch a décerné l'appellation d'"historien entrepreneur" à l'un de ses protégés: fabriquait-il de l'histoire?

      Alors histoire, art ou science ?

Jean Pierre Renaud  Tous droits réservés Le 9/11/2016

 

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